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30.3.14

Hellen cyclone tropical intense

Pendant la nuit, la petite Hellen a bien grandi puisqu'elle est devenue cyclone vers 3 h et intense à 8 h.
Maintenant on peut l'avoir à l'œil!

De plus près

La trajectoire prévue ne nous menacera pas car Hellen devrait avoir envie d'aller un peu plus au sud.



Voilà la situation ce matin, dans Le Journal De Mayotte.
Après 232mm de pluie sur Mtsamboro en 24 heures et des vents à 90km/h à Pamandzi, les effets du cyclone tropical Hellen devraient commencer à s’amoindrir dans les heures qui viennent. Attention à la houle qui reste particulièrement forte.
Hellen est donc devenue un cyclone tropical. La constatation a été faite par les services de Météo France dans la nuit, à 3 heures. Jusqu’alors forte tempête tropicale, sa proximité avec les côtes mozambicaines ne lui permettait pas «d’amorcer la pompe à eau» pour se renforcer. En arrivant dans les eaux chaudes de l’archipel de Comores, où la température de l’océan est comprise entre 29° et 30°, le système s’est mis en place.
Cette aspiration d’eau chaude a alors été renforcée par un talweg de mousson qui, lui, a fourni le mécanisme d’aspiration aérien. Hellen a pu gagner en intensité. Quant à sa taille, elle est toujours relativement petite pour un tel phénomène, mais à Météo France, on explique que cette concentration est aussi synonyme de puissance.
Dans ces conditions, Mayotte peur se féliciter de la trajectoire suivie par Hellen, plus au sud que prévue, nous permettant d’échapper à des effets encore plus importants du cyclone tropical.
Ce dimanche matin, Hellen est à 170km des côtes sud de Mayotte et poursuit son trajet à 14km/h vers le sud-sud est. Ce sont les bandes nuageuses périphérique du système qui vont continuer à provoquer de fortes pluies entrecoupées d’accalmies. Le vent souffle de secteur Nord à Nord-Ouest de 40 à 50 km/h avec des rafales pouvant atteindre 80km/h et peut-être même plus.
Attention encore à la houle de secteur ouest, avec des vagues de 4 à 4,5m en moyenne, soit 8 à 9m pour les plus grosses vagues au déferlement. La mer est donc agitée à forte.
Des relevés pluviométriques très importants
Hier les relevés météo ont affolé les compteurs. Les quantités de pluie ont en effet été particulièrement importantes. Comme souvent, le record revient à Mtsamboro avec un cumul sur 24 heures de 232,8mm d’eau. Poroani suit avec 195mm puis Vahibé avec 181mm de pluie.
A Bandrélé, on a relevé 103mm, à Dembéni 153mm et à Pamandzi 106mm. Mamoudzou a été protégée par ses collines sur lesquelles les pluie se sont déversées avant d’atteindre la ville : il n’y est tombé «que» 84mm d’eau.


29.3.14

Hellen: alerte orange

Les sanglots d'Hellen ont submergé Mayotte (et la région) toute cette journée et les 3 capitaines n'ont pas fini de l'appeler Vilaine, surtout ceux qui ont perdu leur bateau dans le port de Mamoudzou. Nous ne chercherons plus aux larmes d'Hellen, nos seaux sont remplis! (plus de 18 cm de pluie sur une commune de l'ouest cet après-midi, à M'Tsamboro)
En temps normal, c'est-à-dire beau, voilà ce qu'on voit de chez nous (Kawéni)
Et ça c'était aujourd'hui, quand il y avait assez de visibilité:

Dans le port de Petite-Terre:(photos Lagon Aventure)

Et selon les prévisions toutes fraîches (et humides), le pire sera atteint vers 3 h cette nuit quand la tempête passera de modérée à forte en même temps qu'elle passera au plus près des côtes mahoraises, si l'envie ne lui prend pas de modifier ses intentions.
Les vents ont démonté la mer et des vagues de 5 à 6 mètres sont attendues.
Ce programme a amené le préfet à déclencher l'alerte orange, dernier stade avant l'alerte rouge, réservée aux cyclones, ce qui n'est pas à l'ordre du jour. La préfecture précise également que les élections municipales ne sont pas annulées (!)
Donc nous avons rentrés enfants et animaux et nous écoutons la radio, selon les consignes orange.

Hellen

Baptisée ce matin car elle est devenue tempête tropicale, il y a plus d'une semaine qu'elle tournicote le long des côtes Mozambiquaines et elle a décidé d'aller voir vers l'est, c'est-à-dire nous, les Comores et Mayotte.
Ce matin à 9h 
Beaucoup de pluie et du vent pour l'instant avec des rafales jusqu'à 70-80 km/h, rien de bien inquiétant.
Le problème est son devenir.
MétéoFrance nous promet une trajectoire sud-est puis demi-tour retour vers le Mozambique: là, pas d'inquiétude.
Mais d'autres modèles sont beaucoup plus alarmants, prévoyant une trajectoire vers le nord donc chez nous!
Si c'est le cas, Hellen va nous décoiffer!
Dans tous les cas, elle deviendra forte tempête ce soir et demain donc avec des vents atteignant 100 km/h et si elle revient sur Mayotte, de tels vents feront beaucoup de dégâts sur l'habitat précaire.
Et demain c'est jour de vote...   à suivre de près!

15.1.14

Mawlid sombre et pluvieux

Hier, c'était jour férié en raison de la fête de la naissance du prophète Mahomet ou Muhammad selon les sources, bref le Maoulida ou Mawlid. En quelque sorte le Noël des musulmans.
Mais cette année, la soirée s'est déroulée dans le noir pour toute la population. Comme le 30 octobre dernier, les installations électriques mahoraises ont montré leurs limites, à moins que ce ne soit la maintenance de ces installations. Un disjoncteur a "explosé" et les 2 centrales étant inter-connectées, toute l'île a encore une fois connu le blackout!
Et pas question de réjouissances dehors car la saison humide est bien installée avec une importante perturbation tropicale, donc imprévisible est en train d'envahir le canal du Mozambique. Des vents soutenus et des pluies fréquentes qui finissent de creuser des cratères dans les routes, et une prochaine masse nuageuse promise pour la fin de la semaine plombent un peu le moral de cette rentrée.
Si on y ajoute l'affaire de la tête de cochon et les impôts divers qui commencent avec 2014, l'ambiance est un peu morose.
Et ce n'est pas le cinéma qui vient enfin d'ouvrir ses portes, mais pour deux mois garantis seulement, qui va réjouir l'ensemble des Mahorais.
On annonce la visite de Valls pour bientôt, qui sera sans doute bien accueilli car il a poursuivi la politique des reconduites à la frontière des clandestins en 2013, encore près de 16000!
Des sourires quand même, avec des étudiants allemands qui viennent développer le tourisme à Mayotte.
Ce sera une vaste tâche car le dernier touriste allemand qui a fait parler de lui ici est reparti avec une fracture du bassin et dépouillé dans les rues de Mamoudzou.

4.12.13

Orage tropical

Aujourd'hui, on a eu un gros orage.
Bon, rien de cataclysmique mais il est vrai que sous nos latitudes, les précipitations peuvent être rapidement torrentielles.

Mais ici, normalement, depuis que la saison cyclonique est commencée, on est prévenu et tout est prévu, cadré, géré. Pensez, il faut pouvoir faire face à un cyclone!
Figurez-vous que ce gros orage, vite remplacé par un temps assez clément, très chaud mais clément, a paralysé l'accès à la capitale de région pendant 5 heures, temps que beaucoup d'automobilistes ont patiemment, comme il vaut mieux être habitué ici car les embouteillages sont quotidiens, patiemment dis-je passé dans leur véhicule et tant pis pour ceux qui n'avaient pas le clim! Pourquoi? Parce que les services aguerris et prêts à en découdre en cas de cyclone ont mis tout ce temps pour déblayer une route urbaine obstruée par une petite coulée de boue! On frémit à l'idée d'un éventuel prochain météore (c'est comme ça que les services de Météo France nomment les cyclones).
Mais à Mayotte, rien n'est tout à fait comme ailleurs: que croyez-vous qu'il est tombé sur la tête des pauvres automobilistes bloqués?
Des pierres! Ils ont été caillassés par une trentaines de gamins qui ont trouvé un nouveau passe-temps.
Cela devient tellement fréquent qu'on pourra bientôt instaurer un championnat départemental de caillassage!
Ici, on n'a pas tellement peur que le ciel nous tombe sur la tête, mais plutôt les pierres!

Ah! j'oubliais!
On nous a rappelé les "quelques" conseils à suivre:
• Conseils de comportement généraux en cas de fortes pluies
Tenez-vous au courant de l’évolution de la situation météorologique en écoutant les informations diffusées dans les médias :
- Ne vous déplacez qu'en cas de nécessité. 
- S'il vous est absolument indispensable de vous déplacer, soyez très prudents, respectez, en particulier, les déviations mises en place. 
- Tenez les enfants à distance des caniveaux qui peuvent déborder . 
- Ne tentez jamais de franchir, à pied ou en voiture, les ravines et les rivières en crue, ou qui peuvent l'être soudainement, ainsi que les radiers submergés. 
- Signalez votre départ, votre destination et votre arrivée à vos proches. 
- Dans les zones inondables, prenez toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de vos biens face à la montée des eaux, même dans les zones rarement touchées par les inondations. 
- Prévoyez des moyens d'éclairage de secours et faites une réserve d'eau potable. 
- Si vous utilisez un dispositif d'assistance médicale (respiratoire ou autre) alimenté par l’électricité, prenez vos précautions en contactant votre établissement de santé ou votre association de prise en charge. 
- Faites attention à l'eau du robinet : ne pas oublier qu'elle peut rester impropre à la consommation au moins 48h après l'arrêt des pluies. Dans tous les cas, si la situation de votre domicile l'exige (zone inondable, bordure de ravine,..), préparez-vous à l'évacuation éventuelle de celui-ci. 
- Facilitez le travail des sauveteurs qui vous proposent une évacuation et soyez attentifs à leurs conseils.
• Conseils de comportement généraux en cas d’orage
- Dans la mesure du possible, évitez les déplacements. 
- S’il vous est absolument indispensable de vous déplacer, soyez très prudents et vigilants, les conditions de circulation peuvent devenir soudainement très dangereuses. 
- Évitez d’utiliser le téléphone et les appareils électriques. 
- Ne vous abritez pas sous les arbres. 
- N’hésitez pas à vous arrêter dans un lieu sûr. Vous pouvez rester dans votre véhicule qui vous assure une bonne protection contre les effets de la foudre. 
- Ne marchez pas en groupe. 
- Ne restez pas sur les chemins pédestres. 
- Rangez ou fixez les objets sensibles aux effets du vent ou susceptibles d’être endommagés. 
- Si vous pratiquez le camping, vérifiez qu’aucun danger ne vous menace en cas de très fortes rafales de vent ou d’inondations torrentielles soudaines. En cas de doute, réfugiez vous, jusqu’à l’annonce d’une amélioration, dans un endroit plus sûr. 
- Signalez sans attendre les départs de feux dont vous pourriez être témoins. 
- Si vous êtes dans une zone sensible aux crues torrentielles, ne traversez pas les ravines ou canaux qui peuvent être l’objet de crues soudaines, prenez toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de vos biens face à la montée des eaux.
Mais voilà, ils ont oublié: casque lourd et vitres blindées!

14.4.13

Imelda

C'est le nom du 10ème système tropical de la saison cyclonique. Le I initial n'est que la neuvième lettre de l'alphabet car un système n'a pas atteint le grade de cyclone donc n'a pas été baptisé.
Ce météore, comme on dit dans la région, est très malicieux. Il a végété longtemps du côté de Diego Garcia où il a pris naissance le 3 avril, a changé plusieurs fois de trajectoire et d'intensité et ce n'est peut-être pas fini.
Ce soir, il est redevenu cyclone, semble-t-il pas pour très longtemps, mais il a provoqué une pré-alerte cyclonique à La Réunion et une alerte cyclonique à Maurice et à sa dépendance Rodrigues.
En rouge, de gauche à droite:
La Réunion, Maurice et Rodrigues
La trajectoire à venir est hasardeuse: soit il passe entre Maurice et Rodrigues et s'évacue gentiment vers l'est (ça, c'est ce qui était prévu il y a deux jours), soit il contourne Maurice et prend la direction de l'ouest, ce qui ressort des dernières prévisions.
Mais il y a plusieurs trajets prévus selon les agences dont un qui fait passer Imelda successivement sur Maurice et La Réunion.
De quoi s'inquiéter encore pour ce qui devrait être le dernier cyclone d'une saison cyclonique qui normalement s'arrête le 30 avril.
Pour nous à Mayotte, l'été se termine calmement, chaudement mais sans trop de pluies, ça devient une habitude et ce n'est pas normal. Où sont les pluies diluviennes qui duraient 3 jours?

23.3.13

Maji: l'eau mahoraise

Des "journées mondiales", il y en a presque tous les jours. Certaines sont anecdotiques, d'autres essentielles;
Le 22 mars, c'était donc celle de l'eau.

Ici, l'eau, sous-entendu l'eau potable, pose encore un énorme problème pour certains Mahorais. Ceux qui disposent de l'eau dans leur logement sont heureusement de plus en plus nombreux, mais les "personnes en situation irrégulière" vont encore chercher l'eau à la rivière, comme depuis très longtemps.

Les rivières servent aussi à la lessive.
Quand c'est au savon de Marseille, ça va encore, d'un point de vue écologique. Mais quand l'eau de Javel s'en mêle, ou d'autres produits détergents, c'est la catastrophe pour la vie aquatique. Quand on y rajoute les déchets qui s'y amoncellent...
Pourtant, les campagnes de sensibilisation existent ici aussi, mais il faudra sans doute passer à autre chose.

Depuis quelques mois, les canalisations d'adduction de l'eau sont progressivement remplacées, et les stations de traitement des eaux usées se multiplient pour remplacer entre autres les plus anciennes qui sont devenues de vrais bouillons de culture car inopérantes.
Quand il y en a de nouvelles, les habitants rechignent à s'y raccorder à cause du coût et du prix de l'eau, qui est pourtant raisonnable, environ 1,10 € le mètre cube.
C'est sans doute ce qui s'est passé la semaine dernière (comme par hasard juste avant la journée mondiale de l'eau!) quand la station d'alimentation en eau potable de Grande-Terre a eu son eau contaminée par des matières fécales (!), ce qui a privé la moitié de l'île pendant deux jours. Bien sûr, le problème a été vite et bien traité, il n'y a eu que quelques diarrhées.
Mais il reste que les installations sont précaires et insuffisantes. Évidemment, le Syndicat mahorais de l'eau a tout de suite affirmé que c'est de la faute de l'État! Ici, tout est de la faute de l'État, c'est plus facile.
En Petite-Terre, il existe une usine de dessalement de l'eau de mer qui approvisionne en eau potable la plus grande partie de ses habitants, même si elle est mélangée à l'eau de Grande-Terre.Voir aussi ici
Comme cette saison humide qui s'achève n'a pas apporté assez d'eau dans les deux bassins-réservoirs, le problème de l'eau risque bien de resurgir dans les mois secs de l'hiver austral, dans quelques mois. Et on va encore reparler d'une troisième retenue collinaire.
Cette journée mondiale aurait dû permettre de faire progresser la problématique (les Mahorais qui se disent instruits adorent employer ce mot, souvent à tort et à travers), mais voilà, on est passé à autre chose.
La faute à l'État, sans aucun doute.

11.5.12

Mutulahi

Officiellement, la saison cyclonique n'est pas terminée mais on sait bien qu'il n'y en a plus pour longtemps.
Depuis trois semaines environ, le vent est passé au secteur sud-est et ça change beaucoup notre météo.
Tout d'abord, les nuages donnent de moins en mois de pluies, plus du tout depuis quelques jours.
L'alizé (vent d'est sec) va bientôt s'installer mais déjà l'atmosphère, si elle est toujours chaude, est moins humide et donc plus agréable à supporter.
On peut donc dire que nous avons quitté (enfin!) la saison des moussons, le kashkazi (ou kashkasi), et nous entrons maintenant dans l'inter-saison du mutulahi (ou matulahi) qui nous conduira à la saison sèche, le kusi, dans un mois environ.
Le mutulahi s'étend généralement d'avril à mai, mais cette année, nous avons connu une saison des pluies qui a débuté un peu tardivement et qui a été très arrosée jusqu'à une date avancée. L'année dernière, il avait très peu plu et cela posait le problème de l'approvisionnement en eau; cette année, les réservoirs sont pleins!
Mais il arrive que des cyclones frappent la région à cette période. Ici, les Mahorais se souviennent des gros dégâts provoqués par le cyclone Kamisy le 10 avril 1984.

Nous avons quand même eu plus de chance qu'aux Comores, où de graves inondations viennent de se produire, entraînant une mobilisation internationale (la France a envoyé depuis Mayotte et La Réunion des tonnes de matériel). Les pluies torrentielles ont commencé le 20 avril et après une accalmie, ont repris le 9 mai: 58 000 sinistrés,10 000 sans-abris, 1600 personnes déplacées, 80 000 privées d'eau potable et surtout 3 morts recensés.
Certains mauvais augures ont même prédit une éruption du Karthala, le volcan (encore actif) de Ngazidja, la Grande Comore! Qu'en pense Allah?

19.1.12

La mousson

Cette fois, ça y est!
Bien plus que l'année dernière, la pluie tropicale est au rendez-vous. Tous les jours, de grosses averses s'abattent sur l'île, très impressionnantes.
Les eaux boueuses dévalent les pentes, s'engouffrent dans les larges caniveaux qui ont pour la plupart été désobstrués à temps et finissent dans le lagon qui prend une drôle de couleur marron.
Les écoliers sont contents: l'eau envahit les classes, poussée par le vent, créant un vacarme assourdissant sous nos toits en tôle: impossible de travailler.
Les météorologues parlent d'une mousson tout à fait normale, "kashkasi" en maoré.
Toute l'île est cette fois arrosée.


Nous sommes encadrés par 2 tempêtes tropicales (TT sur l'écran du bulletin météo de la télé) baptisées Funso et Ethel.
Pas d'inquiétude, Funso se déplace vers le sud-ouest lentement en se creusant tout de même. Ethel ne devrait pas arriver jusqu'à nous.
Sauvés pour l'instant, même si les messages de prudence en cette période cyclonique se multiplient.
MàJ du 20/01:
Funso est devenue un cyclone, et Ethel va frapper Rodrigues mais éviter Maurice et La Réunion.

26.4.11

Climat tropical chaud et humide

Après une saison humide assez irrégulièrement arrosée, le temps change de nouveau. Il fait toujours aussi chaud, entre 30 et 34° tous les jours et 25-27° la nuit. L'humidité qui a varié depuis décembre entre 70 et 95 % chaque jour selon MétéoFrance, devrait maintenant diminuer progressivement mais ce n'est pas encore le cas. Mais il pleut de moins en moins, le ciel retrouve un azur qui était un peu moins franc pendant le "kashkasini", ou temps des vents de mousson donc notre été austral.
Nous sommes donc maintenant dans le "matulahi", intersaison avant de retrouver l'hiver austral, le "kussini" à partir du mois de juin et pour nous la boucle sera bouclée! (d'octobre à décembre, l'autre intersaison s'appelle "m'gnombéni")
Pendant 2-3 mois, le temps va s'assécher, la terre et les ruisseaux aussi, la poussière nous envahira de nouveau et le vent vient déjà de l'est ou sud-est. Les températures seront moins élevées (entre 27° le jour et 23° la nuit)  et l'humidité également puisqu'il ne pleuvra pratiquement plus pendant 2 mois, juillet et août.
L'eau du lagon varie de 25 à 31° tout au long de l'année.
Il n'y a pas si longtemps, à cette époque de l'année se faisait la récolte du riz mais il n'y en a presque plus sur l'île.

10.4.11

Eau douce

Semaine du développement durable
Parmi tous les sujets abordés ici (déchets, pollution, énergies, etc...), il y en a un qui est important comme sur toutes les petites îles fortement peuplées, l'EAU.
Pas celle du lagon, bien que celle-ci soit le sujet de beaucoup d'attentions en ce moment, avec notamment la création d'un Parc Naturel Marin dont la finalisation tarde un peu, et le nettoyage régulier de ses fonds, non.

Commençons par la priorité des 200 000 habitants de Mayotte: l'eau douce, celle du robinet. D'où provient-elle ?
Il existe principalement trois "sources" d'approvisionnement:
- une usine de dessalement de l'eau de mer, qui couvrait la consommation de Petite-Terre, où elle a d'ailleurs été construite. Malheureusement, depuis quelques années, la population augmentant toujours, l'usine ne peut fournir de l'eau douce qu'à 70 % des Petits-Terriens.
- deux retenues collinaires sur Grande-Terre, qui recueillent l'eau des pluies tropicales.

Voici des photos de l'une d'entre elles, à Combani, au centre de l'île
 Ce barrage en remblais construit en 1997 possède un volume maximal de 1.5 millions de m³. 

Le déversoir, qui restera sec cette année
 Sur cette vue aérienne, on voit une partie du village de Combani dont les experts ont prévu qu'elle serait engloutie en cas de rupture de barrage!

Nous sommes en avril et normalement, à la fin de la saison des pluies, l'eau devrait atteindre le haut de la chaussée. Le réservoir n'est rempli qu'à 70 % mais la SOGEA (groupe Vinci) qui assure la distribution ici nous assure que ce sera suffisant jusqu'en décembre.
La seconde retenue, dans le nord de l'île, construite en 2000, est plus vaste et peut contenir 2 millions de m³. Mais elle aussi n'est pas pleine, environ 50 %. Les deux ont été interconnectées cet été, il y a 2 mois. Mais elle aussi menace le village de Dzoumogné, en contrebas!
Il est prévu une troisième retenue car les besoins augmenteront encore et les saisons des pluies ne sont plus ce qu'elles étaient...
Ceci étant, tous les Mahorais n'ont pas encore l'eau courante: un compteur coûte 1000 €, évidemment trop cher pour beaucoup, même si ici ou là certains se regroupent. Et les sans-papiers vont chercher l'eau à la rivière, avec les problèmes sanitaires afférents. Il existe dans certains villages des fontaines payantes.