Après la trentième de la célèbre Course de pneus de Mayotte que vous avez pu admirer l'année dernière ici, voici la 31ème édition qui s'est déroulée le 17 juin avec des photos qui bougent, et un commentaire très original: (reportage Mayotte 1ère)
On nous a même annoncé que ce sport deviendrait discipline olympique aux prochains jeux!
Mais c'était le 1er avril!
MAYOTTE l'île au lagon, aux parfums, aux tortues, l'hippocampe
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21.6.14
12.6.14
Jeunesse aux deux visages
L'actualité récente nous offre deux téléscopages.
On pourrait multiplier les exemples car tous les jours des courageux éducateurs, enseignants ou autres très nombreux intervenants tentent de guider la jeunesse mahoraise vers de meilleurs avenirs (le leur et celui de leur île), mais tous les jours des ados à la dérive détruisent tous les efforts consentis avec toujours plus de violence.
Premier exemple, malheureusement fréquent: des bandes de jeunes s'affrontent et malheur à ceux qui tentent de s'interposer, fussent-ils enseignants.
Jeudi dernier, un enseignant d’EPS (Education Physique et Sportive) du collège K2 (Kawéni) se rend sur le stade de football, derrière K1, avec une de ses classes. Une bande de jeunes arrive alors, armés de couteaux, de chaines et de cailloux qui s’en prennent à l’enseignant. Ils parviennent à lui prendre son portable. Il sera transporté au CHM. En riposte, 25 policiers ont passé au peigne fin le secteur vendredi, incluant les collèges K1 et K2, et le lycée de Kawéni. Ils ont interpellé un jeune de 16 ans: « Alors que nous encerclions la zone, un jeune s’est fait menaçant, insultant un policier, en les défiant alors que nous le pourchassions ». Les pompiers ont été appelés car lors de son interpellation il est parvenu à blesser un policier. « Ce n’est pas un jeune de Kawéni, il est scolarisé à Kahani ». Une réunion devait se tenir à la suite de cette agression entre les principaux des collèges, et le cabinet du vice rectorat. A.P-L. Le Journal de Mayotte - See more at: http://lejournaldemayotte.com/fil-info/descente-de-police-a-la-suite-dune-agression-sur-un-terrain-de-sport/#sthash.v5O0lHXK.dpuf
Chaque jour, des faits de trafic de drogue, de vols, souvent violents, alimentent la rubrique "société" des journaux (où certains ont l'air de se complaire).
Deuxième cas, et on préfèrera le garder en référence: l'espoir d'une jeunesse qui découvre son île avec enthousiasme.
Ils sont attachants, ces jeunes.
Mais la partie est loin d'être gagnée, cette jeunesse a besoin de soutien, de reconnaissance et d'encadrement. Même si les intentions existent, la prise de conscience forte n'est toujours pas au rendez-vous, les élus sont frileux (un comble ici) et ils attendent bien sûr des moyens du gouvernement, qui est évidemment le responsable...
On pourrait multiplier les exemples car tous les jours des courageux éducateurs, enseignants ou autres très nombreux intervenants tentent de guider la jeunesse mahoraise vers de meilleurs avenirs (le leur et celui de leur île), mais tous les jours des ados à la dérive détruisent tous les efforts consentis avec toujours plus de violence.
Premier exemple, malheureusement fréquent: des bandes de jeunes s'affrontent et malheur à ceux qui tentent de s'interposer, fussent-ils enseignants.
Jeudi dernier, un enseignant d’EPS (Education Physique et Sportive) du collège K2 (Kawéni) se rend sur le stade de football, derrière K1, avec une de ses classes. Une bande de jeunes arrive alors, armés de couteaux, de chaines et de cailloux qui s’en prennent à l’enseignant. Ils parviennent à lui prendre son portable. Il sera transporté au CHM. En riposte, 25 policiers ont passé au peigne fin le secteur vendredi, incluant les collèges K1 et K2, et le lycée de Kawéni. Ils ont interpellé un jeune de 16 ans: « Alors que nous encerclions la zone, un jeune s’est fait menaçant, insultant un policier, en les défiant alors que nous le pourchassions ». Les pompiers ont été appelés car lors de son interpellation il est parvenu à blesser un policier. « Ce n’est pas un jeune de Kawéni, il est scolarisé à Kahani ». Une réunion devait se tenir à la suite de cette agression entre les principaux des collèges, et le cabinet du vice rectorat. A.P-L. Le Journal de Mayotte - See more at: http://lejournaldemayotte.com/fil-info/descente-de-police-a-la-suite-dune-agression-sur-un-terrain-de-sport/#sthash.v5O0lHXK.dpuf
Chaque jour, des faits de trafic de drogue, de vols, souvent violents, alimentent la rubrique "société" des journaux (où certains ont l'air de se complaire).
Deuxième cas, et on préfèrera le garder en référence: l'espoir d'une jeunesse qui découvre son île avec enthousiasme.
Ils sont attachants, ces jeunes.
Mais la partie est loin d'être gagnée, cette jeunesse a besoin de soutien, de reconnaissance et d'encadrement. Même si les intentions existent, la prise de conscience forte n'est toujours pas au rendez-vous, les élus sont frileux (un comble ici) et ils attendent bien sûr des moyens du gouvernement, qui est évidemment le responsable...
12.4.14
Zaïna Meresse
Elle était une des figures mahoraises, une non-violente, qui a choisi comme d'autres la chatouille comme arme, une référence, une de celle qui fonde un peuple, qui restera dans les livres d'histoire pour avoir contribué à la naissance de Mayotte française, telle qu'elle est aujourd'hui. Et comme l'histoire de Mayotte est jeune, elle a des personnages historiques encore vivants.
C'était le cas de Zaïna Meresse Boinali, elle s'est éteinte aujourd'hui.
La culture musulmane veut que les morts soient vite mis en terre, ce qui a été le cas quelques heures après son décès.
Bien sûr, il y a eu beaucoup de monde, d'improvisation aussi, mais outre l'importance du personnage, c'est plus la cérémonie que je veux mettre en avant ici, grâce au travail de la meilleure journaliste de Mayotte (d'après moi).
Elle se nomme Anne Perzo-Lafond et voici ce qu'elle écrit dans Le Journal de Mayotte d'aujourd'hui:
«C’est une personnalité que peut s’approprier toute la population mahoraise qui est enterrée aujourd’hui», indiquait un homme qui sortait de la mosquée de Pamandzi.
C’est ce qui explique la présence de tous, ancien « serrez- la-main » ou « sorodas », ils étaient venus nombreux accompagner une des leaders « chatouilleuses » Zaïna Meresse à sa dernière demeure. «Elle aurait mérité plus encore», commente un religieux, mais l’enterrement décidé le jour même du décès à précipité les choses, et certains découvraient encore ce soir l’annonce de sa disparition.
Après les préparatifs du corps, les ablutions et le placement dans un linceul, l’assemblée se retrouvaient à la mosquée pour la prière des morts, puis au cimetière de Pamandzi. Les religieux rappellent au mort ce qui l’attend, « c’est surtout à notre intention » glisse un homme. Dans le cimetière, les femmes ne sont habituellement pas présentes, « on craint que leurs pleurs et leurs cris ne perturbent le recueillement », mais elles sont parfois tolérées.
Une fois le corps enterré, de l’eau est versée sur la terre, « pour réveiller le mort car un ange gardien va lui demander des comptes sur sa vie passée. On lui demande ‘qu’as-tu fait de ton intelligence ?’ »… qui rappelle la parabole des Talents du Nouveau Testament. « On se rend compte tous les jours que les religions monothéistes ont beaucoup de choses en commun » glisse notre voisin. L’échange s’arrêtera là, l’heure est à la prière.
Avant de partir, chacun dépose un peu de terre et recouvre la tombe de feuillage, « pour garder sa fraîcheur à la terre ».
De nouvelles prières seront célébrées les 3ème et 9ème jour, avant la levée du deuil le 40ème jour.
A.P-L.
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Cette semaine a aussi été celle de la disparition de Dominique Baudis qui est venu à Mayotte en novembre 2012 et les médias locaux n'ont pas manqué de lui rendre hommage cette semaine car il a préconisé des mesures d'aide aux mineurs étrangers de Mayotte en soulignant la situation alarmante des jeunes mahorais. Un "avocat, un fervent défenseur des droits", qui prédisait le pire pour Mayotte si les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas pris en charge. Ce qui paraît évident pour ceux qui vivent ici, mais à Paris...
22.2.14
Une femme Mahoraise
Tous les ans a lieu un concours photo "Femmes Outre-mer".
Cette année, 12 représentants des territoires ultramarins ont participé et le photographe mahorais Nayl-Ah fait partie des 3 sélectionnés qui auront le privilège d'aller à Paris pour assister au vernissage de l’exposition qui aura lieu le 7 mars 2014, au ministère des Outre-mer.
Le photographe:
Formation : Diplômé de l'EFET, École Supérieure de la Photographie et D'Audiovisuel à Paris depuis 2010
Le cliché gagnant:
Cette année, 12 représentants des territoires ultramarins ont participé et le photographe mahorais Nayl-Ah fait partie des 3 sélectionnés qui auront le privilège d'aller à Paris pour assister au vernissage de l’exposition qui aura lieu le 7 mars 2014, au ministère des Outre-mer.
Le photographe:
Nom : Nayl-Ah
Profession : Photographe professionnel indépendantFormation : Diplômé de l'EFET, École Supérieure de la Photographie et D'Audiovisuel à Paris depuis 2010
Le cliché gagnant:
15.1.14
Mawlid sombre et pluvieux
Hier, c'était jour férié en raison de la fête de la naissance du prophète Mahomet ou Muhammad selon les sources, bref le Maoulida ou Mawlid. En quelque sorte le Noël des musulmans.
Mais cette année, la soirée s'est déroulée dans le noir pour toute la population. Comme le 30 octobre dernier, les installations électriques mahoraises ont montré leurs limites, à moins que ce ne soit la maintenance de ces installations. Un disjoncteur a "explosé" et les 2 centrales étant inter-connectées, toute l'île a encore une fois connu le blackout!
Et pas question de réjouissances dehors car la saison humide est bien installée avec une importante perturbation tropicale, donc imprévisible est en train d'envahir le canal du Mozambique. Des vents soutenus et des pluies fréquentes qui finissent de creuser des cratères dans les routes, et une prochaine masse nuageuse promise pour la fin de la semaine plombent un peu le moral de cette rentrée.
Si on y ajoute l'affaire de la tête de cochon et les impôts divers qui commencent avec 2014, l'ambiance est un peu morose.
Et ce n'est pas le cinéma qui vient enfin d'ouvrir ses portes, mais pour deux mois garantis seulement, qui va réjouir l'ensemble des Mahorais.
On annonce la visite de Valls pour bientôt, qui sera sans doute bien accueilli car il a poursuivi la politique des reconduites à la frontière des clandestins en 2013, encore près de 16000!
Des sourires quand même, avec des étudiants allemands qui viennent développer le tourisme à Mayotte.
Mais cette année, la soirée s'est déroulée dans le noir pour toute la population. Comme le 30 octobre dernier, les installations électriques mahoraises ont montré leurs limites, à moins que ce ne soit la maintenance de ces installations. Un disjoncteur a "explosé" et les 2 centrales étant inter-connectées, toute l'île a encore une fois connu le blackout!
Et pas question de réjouissances dehors car la saison humide est bien installée avec une importante perturbation tropicale, donc imprévisible est en train d'envahir le canal du Mozambique. Des vents soutenus et des pluies fréquentes qui finissent de creuser des cratères dans les routes, et une prochaine masse nuageuse promise pour la fin de la semaine plombent un peu le moral de cette rentrée.
Si on y ajoute l'affaire de la tête de cochon et les impôts divers qui commencent avec 2014, l'ambiance est un peu morose.
Et ce n'est pas le cinéma qui vient enfin d'ouvrir ses portes, mais pour deux mois garantis seulement, qui va réjouir l'ensemble des Mahorais.
On annonce la visite de Valls pour bientôt, qui sera sans doute bien accueilli car il a poursuivi la politique des reconduites à la frontière des clandestins en 2013, encore près de 16000!
Des sourires quand même, avec des étudiants allemands qui viennent développer le tourisme à Mayotte.
Ce sera une vaste tâche car le dernier touriste allemand qui a fait parler de lui ici est reparti avec une fracture du bassin et dépouillé dans les rues de Mamoudzou.
10.1.14
Bêtise pur porc
Attention DANGER!
Dans la nuit du réveillon, vers 4 h 30, une voiture, avec à son bord un couple, sans doute alcoolisé, qui jette une tête de porcelet devant la mosquée de Labattoir, en Petite-Terre. Défi, pari stupide... c'est apparemment ce qu'ont avoué ces deux sinistres personnages. Car ils ont été retrouvés et arrêtés, ainsi que deux autres personnes ayant participé à la soirée et considérés comme éventuels complices.
Cette affaire a causé l'émoi que l'on peut supposer chez tous les Mahorais, musulmans à 95 %, les autres étant les wasungu, nous les blancs.
On ne peut s'empêcher de penser que ce ne sont pas les fidèles d'Allah qui ont commis ce qui est considéré ici comme un crime.
"Les prévenus sont un militaire français métropolitain en mutation à Mayotte et son épouse française métropolitaine également. C’est ce couple qui a déposé une tête de porc devant la mosquée. La troisième prévenue est une femme française métropolitaine, épouse d’un autre militaire métropolitain qui leur avait fourni la tête de porc", a détaillé le procureur de la République de Mamoudzou, Joël Garrigue, à l’AFP.
Ils ont été fermement priés de quitter l'île pour leur sécurité, c'est ce qu'ils ont fait dès vendredi.
Même s'il existe des militaires Mahorais ou d'une autre origine ultramarine, les regards hostiles qui commencent à être ressentis se tournent vers nous, les wasungu.
Les profanateurs seront jugés pour délits de provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance à une religion le 26 février.
Tout ce que Mayotte compte comme autorités a bien sûr condamné "cet acte répugnant", et une marche impressionnante s'est déroulée dimanche dernier, rassemblant plus de 3000 personnes, ce qui est énorme ici, pour protester contre l'islamophobie et la profanation.
Mais le mal est fait et la tension est perceptible entre les deux communautés: il n'y avait vraiment pas besoin de ça!
Les profanations existent aussi en métropole mais dans un département où presque toute la population est de confession musulmane, cet acte prend des proportions inimaginables dans les esprits, même chez ceux qui ne le montrent pas.
D'ailleurs, une autre marche est prévue dimanche, comme si la première n'avait pas atteint son objectif de monter à la France entière que Mayotte est musulmane et entend bien vivre son islam, qui plus est modéré, comme elle l'entend. Jusqu'ici, il ne porte pas atteinte aux lois de la République et très rares sont les niqabs ou les burkas, et si les femmes portent un voile, c'est le kishali, tenue traditionnelle mahoraise plus destinée à se protéger du soleil qu'élément religieux, comme les kofias des hommes. Et les tenues s'occidentalisent de plus en plus.
Il faut espérer que l'acte de ces deux inconscients intolérants n'allumera pas de guerre religieuse ou communautaire, qu'il n'y aura pas de vengeance comme s'y sont engagés les imams dès le 1er janvier après la macabre découverte. Mais qu'en pense la base?
Avec l'affaire Dieudonné, la France a décidément mal à sa diversité en ce moment!
Dans la nuit du réveillon, vers 4 h 30, une voiture, avec à son bord un couple, sans doute alcoolisé, qui jette une tête de porcelet devant la mosquée de Labattoir, en Petite-Terre. Défi, pari stupide... c'est apparemment ce qu'ont avoué ces deux sinistres personnages. Car ils ont été retrouvés et arrêtés, ainsi que deux autres personnes ayant participé à la soirée et considérés comme éventuels complices.
Cette affaire a causé l'émoi que l'on peut supposer chez tous les Mahorais, musulmans à 95 %, les autres étant les wasungu, nous les blancs.
On ne peut s'empêcher de penser que ce ne sont pas les fidèles d'Allah qui ont commis ce qui est considéré ici comme un crime.
"Les prévenus sont un militaire français métropolitain en mutation à Mayotte et son épouse française métropolitaine également. C’est ce couple qui a déposé une tête de porc devant la mosquée. La troisième prévenue est une femme française métropolitaine, épouse d’un autre militaire métropolitain qui leur avait fourni la tête de porc", a détaillé le procureur de la République de Mamoudzou, Joël Garrigue, à l’AFP.
Ils ont été fermement priés de quitter l'île pour leur sécurité, c'est ce qu'ils ont fait dès vendredi.
Même s'il existe des militaires Mahorais ou d'une autre origine ultramarine, les regards hostiles qui commencent à être ressentis se tournent vers nous, les wasungu.
Les profanateurs seront jugés pour délits de provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance à une religion le 26 février.
Tout ce que Mayotte compte comme autorités a bien sûr condamné "cet acte répugnant", et une marche impressionnante s'est déroulée dimanche dernier, rassemblant plus de 3000 personnes, ce qui est énorme ici, pour protester contre l'islamophobie et la profanation.
Mais le mal est fait et la tension est perceptible entre les deux communautés: il n'y avait vraiment pas besoin de ça!
Les profanations existent aussi en métropole mais dans un département où presque toute la population est de confession musulmane, cet acte prend des proportions inimaginables dans les esprits, même chez ceux qui ne le montrent pas.
D'ailleurs, une autre marche est prévue dimanche, comme si la première n'avait pas atteint son objectif de monter à la France entière que Mayotte est musulmane et entend bien vivre son islam, qui plus est modéré, comme elle l'entend. Jusqu'ici, il ne porte pas atteinte aux lois de la République et très rares sont les niqabs ou les burkas, et si les femmes portent un voile, c'est le kishali, tenue traditionnelle mahoraise plus destinée à se protéger du soleil qu'élément religieux, comme les kofias des hommes. Et les tenues s'occidentalisent de plus en plus.
Il faut espérer que l'acte de ces deux inconscients intolérants n'allumera pas de guerre religieuse ou communautaire, qu'il n'y aura pas de vengeance comme s'y sont engagés les imams dès le 1er janvier après la macabre découverte. Mais qu'en pense la base?
Avec l'affaire Dieudonné, la France a décidément mal à sa diversité en ce moment!
5.12.13
Les djinns attaquent!
Piqué dans "Le Journal De Mayotte" de ce matin:
Au même moment, dans le collège de Passamaïnty, deux élèves ont été envoyées d'urgence à l'infirmerie pendant une séance de sport. Elles auraient été gazées au gaz lacrymogène mais aucune autre de leurs camarades près d'elles n'a été incommodée! On a évoqué une crise d'hystérie, on a dû changer leurs vêtements et elles se sont rétablies. Les djinns?
Ils s'appellent Patrosi, Tromba, Shenge, Mugala, Rahuani, Wanaisa, Shetwani, Masera ou Wafu. Certains sont bénéfiques, d'autres maléfiques mais tous les Mahorais les connaissent et/ou les redoutent. Ils sont les esprits d'anciens rois ou sultans, des morts, vivent dans un monde en négatif du monde actuel, peuvent habiter les arbres ou la mangrove, quand ils ne sont pas dans les corps, aiment l'eau de Cologne ou de rose, ou l'alcool et les cigarettes!
Un monde complexe et riche qui fait partie de l'histoire de la société mahoraise et quand on en parle aux enfants, on se rend compte que ce n'est pas près de se terminer!
Au même moment, dans le collège de Passamaïnty, deux élèves ont été envoyées d'urgence à l'infirmerie pendant une séance de sport. Elles auraient été gazées au gaz lacrymogène mais aucune autre de leurs camarades près d'elles n'a été incommodée! On a évoqué une crise d'hystérie, on a dû changer leurs vêtements et elles se sont rétablies. Les djinns?
Ils s'appellent Patrosi, Tromba, Shenge, Mugala, Rahuani, Wanaisa, Shetwani, Masera ou Wafu. Certains sont bénéfiques, d'autres maléfiques mais tous les Mahorais les connaissent et/ou les redoutent. Ils sont les esprits d'anciens rois ou sultans, des morts, vivent dans un monde en négatif du monde actuel, peuvent habiter les arbres ou la mangrove, quand ils ne sont pas dans les corps, aiment l'eau de Cologne ou de rose, ou l'alcool et les cigarettes!
Un monde complexe et riche qui fait partie de l'histoire de la société mahoraise et quand on en parle aux enfants, on se rend compte que ce n'est pas près de se terminer!
20.11.13
Enfants Mahorais
31.10.13
Ewa: la guerre des airs
Encore une illustration de cette atmosphère pleine de rancœurs dissimulées ou non qui perdurent entre Comoriens d'une part, et Mahorais donc Français d'autre part.
La nouvelle compagnie "mahoraise" Ewa Air devait effectuer son premier vol hier entre Dzaoudzi et Moroni, donc de Mayotte à la capitale des Comores.
Seulement les autorités comoriennes ont sans doute compris que l'apparition d'une compagnie concurrente allait leur compliquer une tâche déjà délicate en raison de problèmes récents sur les vols de leur compagnie Inter-Îles.
Concurrente et surtout française et de plus mahoraise!
Le sang des décideurs Comoriens n'a fait qu'un tour et ils ont décidé d'interdire l'accès de l'ATR 72 aux couleurs mahoraises au tarmac de l'aéroport de Grande-Comore.
Réponse immédiate des décideurs Mahorais: interdiction aux avions de la compagnie comorienne d'atterrir à Mayotte et même d'en repartir, puisqu'un appareil d'Inter-Îles qui n'avait rien demandé est resté cloué sur la piste de Petite-Terre! Ah mais! Et tant pis pour les passagers.
Du coup (comme on dit aujourd'hui), Ewa a effectué son vol inaugural aujourd'hui vers Nosy Be, à Madagascar.
Décidément, les dirigeants comoriens n'acceptent toujours pas que Mayotte soit française et tous les moyens sont bons pour le rappeler aux Mahorais et à la France.
Les discussions pour trouver une solution sont en cours, car il faudra bien en trouver une, mais quand?
À peine née et déjà dans les turbulences...
La nouvelle compagnie "mahoraise" Ewa Air devait effectuer son premier vol hier entre Dzaoudzi et Moroni, donc de Mayotte à la capitale des Comores.
Seulement les autorités comoriennes ont sans doute compris que l'apparition d'une compagnie concurrente allait leur compliquer une tâche déjà délicate en raison de problèmes récents sur les vols de leur compagnie Inter-Îles.
Concurrente et surtout française et de plus mahoraise!
Le sang des décideurs Comoriens n'a fait qu'un tour et ils ont décidé d'interdire l'accès de l'ATR 72 aux couleurs mahoraises au tarmac de l'aéroport de Grande-Comore.
Réponse immédiate des décideurs Mahorais: interdiction aux avions de la compagnie comorienne d'atterrir à Mayotte et même d'en repartir, puisqu'un appareil d'Inter-Îles qui n'avait rien demandé est resté cloué sur la piste de Petite-Terre! Ah mais! Et tant pis pour les passagers.
Du coup (comme on dit aujourd'hui), Ewa a effectué son vol inaugural aujourd'hui vers Nosy Be, à Madagascar.
Décidément, les dirigeants comoriens n'acceptent toujours pas que Mayotte soit française et tous les moyens sont bons pour le rappeler aux Mahorais et à la France.
Les discussions pour trouver une solution sont en cours, car il faudra bien en trouver une, mais quand?
À peine née et déjà dans les turbulences...
| Le traditionnel baptême |
| Le premier équipage |
23.10.13
La vente de la viande de zébu
Trouvé sur le site de Mayotte 1ère, écrit par Gérald Prufer, une carte postale bien vue d'un morceau de patrimoine mahorais, mais pour combien de temps?
La vente de viande sur le trottoir n'est pas courante car souvent dissimulée de peur d'être repérée par les forces de l'ordre qui ne peuvent pas l'accepter même s'ils ne sont pas dupes.
Seules les fêtes musulmanes voient ces ventes éphémères se multiplier car faute de moutons (rares et chers), les zébus sont sacrifiés, comme lors de la récente fête de l'Ide El Kébir.
On peut voir la même scène avec la vente du poisson, les vendeurs jouant à cache-cache avec les policiers.
Ce qu'on ne voit pas sur les photos, c'est la nuée de mouches que les marchands chassent sans répit tant qu'il reste de la marchandise à vendre.
Il y a l'éternel débat entre les pour et les contre, et bien qu'on ne déplore pas d'intoxication à grande échelle, ces marchés vont disparaître, sans doute pour le bien de tout le monde...
Resteront les cartes postales.
La vente de viande sur le trottoir n'est pas courante car souvent dissimulée de peur d'être repérée par les forces de l'ordre qui ne peuvent pas l'accepter même s'ils ne sont pas dupes.
Seules les fêtes musulmanes voient ces ventes éphémères se multiplier car faute de moutons (rares et chers), les zébus sont sacrifiés, comme lors de la récente fête de l'Ide El Kébir.
On peut voir la même scène avec la vente du poisson, les vendeurs jouant à cache-cache avec les policiers.
Ce qu'on ne voit pas sur les photos, c'est la nuée de mouches que les marchands chassent sans répit tant qu'il reste de la marchandise à vendre.
Il y a l'éternel débat entre les pour et les contre, et bien qu'on ne déplore pas d'intoxication à grande échelle, ces marchés vont disparaître, sans doute pour le bien de tout le monde...
Resteront les cartes postales.
17.10.13
Deux poids, deux mesures
Et deux actualités qui montrent que Mayotte n'intéresse toujours pas la communauté nationale, européenne voire internationale.
Tout d'abord, comme je l'ai lu il y a quelques jours,
"Mayotte-Lampedusa: même combat"
Traduisez: les réfugiés qui périssent en Méditerranée ont-ils plus de valeur que ceux qui disparaissent dans le canal du Mozambique?
Le traitement de l'information mais aussi de ce drame au niveau politique et humanitaire a affolé médias et dirigeants et des mesures vont être prises. C'est bien, trop tard pour les victimes mais c'est bien, au moins pour nos consciences.
Aujourd'hui, une collégienne a été expulsée dans son pays d'origine et toute la communauté nationale crie "au scandale", des têtes vont peut-être tomber et gageons que Léonarda reviendra dans sa classe sous les projecteurs.
Ici, chaque jour, des enfants, la plupart du temps élèves, connaissent le même sort que la jeune kosovare et personne ne s'en émeut.
Sauf certains empêcheurs d'expulser en rond:
Et il y a longtemps que ça dure!
Et c'est en France!
Alors? Bien sûr le problème est complexe, bien sûr Mayotte ne peut pas accueillir toute la misèredu monde des Comores, mais nos consciences peuvent-elles fermer les yeux sur des centaines et s'émouvoir pour un seul?
Il est vrai que la France continue d'appliquer des lois "spécial Mayotte" et considère donc de fait que la République Française n'est pas si "une et indivisible" que le dit sa constitution.
Et les élus mahorais s'en accommodent très bien car ils ne disent rien. On peut même dire qu'ils ne sont pas mécontents de voir ces clandestins repartir à Anjouan car ils ne sont pas Mahorais, par Allah! Comoriens comme eux, mais pas Mahorais!
Le ministre Lurel sera en visite à Mayotte le weekend prochain. A-t-il un avis sur la question, vient-il avec des solutions autres que littéraires? On parie?
Tout d'abord, comme je l'ai lu il y a quelques jours,
"Mayotte-Lampedusa: même combat"
Traduisez: les réfugiés qui périssent en Méditerranée ont-ils plus de valeur que ceux qui disparaissent dans le canal du Mozambique?
Le traitement de l'information mais aussi de ce drame au niveau politique et humanitaire a affolé médias et dirigeants et des mesures vont être prises. C'est bien, trop tard pour les victimes mais c'est bien, au moins pour nos consciences.
Aujourd'hui, une collégienne a été expulsée dans son pays d'origine et toute la communauté nationale crie "au scandale", des têtes vont peut-être tomber et gageons que Léonarda reviendra dans sa classe sous les projecteurs.
Ici, chaque jour, des enfants, la plupart du temps élèves, connaissent le même sort que la jeune kosovare et personne ne s'en émeut.
Sauf certains empêcheurs d'expulser en rond:
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| Photos de Wongo |
Et c'est en France!
Alors? Bien sûr le problème est complexe, bien sûr Mayotte ne peut pas accueillir toute la misère
Il est vrai que la France continue d'appliquer des lois "spécial Mayotte" et considère donc de fait que la République Française n'est pas si "une et indivisible" que le dit sa constitution.
Et les élus mahorais s'en accommodent très bien car ils ne disent rien. On peut même dire qu'ils ne sont pas mécontents de voir ces clandestins repartir à Anjouan car ils ne sont pas Mahorais, par Allah! Comoriens comme eux, mais pas Mahorais!
Le ministre Lurel sera en visite à Mayotte le weekend prochain. A-t-il un avis sur la question, vient-il avec des solutions autres que littéraires? On parie?
10.6.13
Mayotte en garde à vue
La politique "à la mahoraise" est rattrapée par la patrouille!
Ce soir, le département est décapité: son président du Conseil Général est en garde à vue depuis ce matin chez les gendarmes du GIR.
Motifs: détournements de fonds et favoritisme dans l'attribution de marchés.
Ce que tout le monde sait ici est enfin épinglé par la justice de la République. Quoi de plus normal? Et pourvu que le nettoyage soit fait à fond!
Daniel Zaïdani, c'est lui, n'arrête pas de pérorer et de se gaver de belles phrases pour réclamer sans arrêt plus d'argent au gouvernement!
Pourvu qu'il soit mis en examen demain ou après-demain, sinon il continuera de piller son île comme l'ont sans doute fait ses prédécesseurs. Si c'est à son profit personnel, c'est encore plus scandaleux.
Non, décidément, le sens que certains Mahorais donnent au mot "politique" rime trop souvent avec moyen de s'enrichir et d'enrichir ses amis.
La semaine dernière, le sénateur-maire du chef-lieu Mamoudzou a été condamné (il a bien sûr fait appel!) à un an d'inégibilité, 6 mois de prison avec sursis et 10000€ d'amende pour emplois fictifs dont ont bénéficié le maire de Koungou, la deuxième ville du département, et le conseiller général UMP de Mamoudzou. Entre amis...
Et tous ces beaux messieurs viennent de cosigner une lettre publique pour demander au Président de la République plus de fondsà détourner car au lieu de 475 millions de l'Europe, Mayotte n'en aura "que" 200, Hollande n'ayant selon eux pas assez bien défendu le dossier.
Visionnaire, le chef de l'état?
Ce soir, le département est décapité: son président du Conseil Général est en garde à vue depuis ce matin chez les gendarmes du GIR.
Motifs: détournements de fonds et favoritisme dans l'attribution de marchés.
Ce que tout le monde sait ici est enfin épinglé par la justice de la République. Quoi de plus normal? Et pourvu que le nettoyage soit fait à fond!
Daniel Zaïdani, c'est lui, n'arrête pas de pérorer et de se gaver de belles phrases pour réclamer sans arrêt plus d'argent au gouvernement!
Pourvu qu'il soit mis en examen demain ou après-demain, sinon il continuera de piller son île comme l'ont sans doute fait ses prédécesseurs. Si c'est à son profit personnel, c'est encore plus scandaleux.
Non, décidément, le sens que certains Mahorais donnent au mot "politique" rime trop souvent avec moyen de s'enrichir et d'enrichir ses amis.
La semaine dernière, le sénateur-maire du chef-lieu Mamoudzou a été condamné (il a bien sûr fait appel!) à un an d'inégibilité, 6 mois de prison avec sursis et 10000€ d'amende pour emplois fictifs dont ont bénéficié le maire de Koungou, la deuxième ville du département, et le conseiller général UMP de Mamoudzou. Entre amis...
Et tous ces beaux messieurs viennent de cosigner une lettre publique pour demander au Président de la République plus de fonds
Visionnaire, le chef de l'état?
7.6.13
Le Coux du Miradji
Coux, c'est François Coux, le dernier vice-recteur en date à Mayotte.
Le précédent s'était rendu célèbre en déclarant, pour essayer de justifier le manque d'équipements scolaires, que "le rythme des constructions ne pourra jamais suivre celui des utérus des Mahoraises"!
Il a laissé la place à F. Coux, qui est déjà accusé d'autoritarisme par le syndicat du second degré, à défaut d'être bavard.
On s'aperçoit que souvent, les responsables nommés ici sont tentés de faire des coups d'éclat avant de repartir rapidement; certains disent qu'on ne nous envoie pas les meilleurs, ce qui n'est pas forcément vérifié.
Alors sans doute pour laisser un souvenir à Mayotte, celui-ci a décidé de bouleverser le calendrier des jours fériés sur l'île.
Aujourd'hui, c'est le Miradji (ou Miradj, Mirhadj), qui célèbre l'ascension du Prophète dans la religion musulmane. Traditionnellement, ce jour est férié à Mayotte, comme l'y autorise le code du travail version mahoraise:
Au risque d'allumer une guerre religieuse mal venue dans un département où 95% de la population est musulmane et très pratiquante, le vice-recteur (il n'y a pas de recteur dans l'académie de Mayotte) a décidé que cette année, le Miradji ne serait pas férié dans l'éducation nationale, alors qu'il reste férié dans toutes les autres administrations et dans toute l'île.
Il soutiendrait que la date est trop proche des examens (et en primaire?) et qu'il y a des jours de grève qui risquent perturber la préparation de ceux-ci (il est vrai que la grève pour l'indexation a provoqué, et ce n'est pas fini, quelques jours sans prof pour les étudiants).
Mais s'attaquer à la date et au droit de grève! Et à la religion!!
Comment ont réagi les Mahorais?
Dès l'annonce, il s'est dit à mots non-couverts (même à la télé d'ici) que la décision pourrait ne pas être très bien comprise. Et le débat s'est porté vers l'inévitable question: est-il normal que l'on supprime un jour férié de la religion musulmane alors qu'on impose aux Mahorais les jours fériés de la religion chrétienne?
La religion chrétienne n'est pas la religion officielle de la République Française, même si certain président de la République s'est laissé aller il y a quelques années.
Hier soir, des responsables ont appelé les parents à ne pas envoyer leur progéniture à l'école aujourd'hui.
D'ailleurs ce matin, dans mon école, qui est comme les autres, seule une quarantaine d'élèves sur 350 s'est présentée.
Comme on dit en ce moment à Roland-Garros, ce n'était pas un Coux gagnant, plutôt un revers!
Le précédent s'était rendu célèbre en déclarant, pour essayer de justifier le manque d'équipements scolaires, que "le rythme des constructions ne pourra jamais suivre celui des utérus des Mahoraises"!
Il a laissé la place à F. Coux, qui est déjà accusé d'autoritarisme par le syndicat du second degré, à défaut d'être bavard.
On s'aperçoit que souvent, les responsables nommés ici sont tentés de faire des coups d'éclat avant de repartir rapidement; certains disent qu'on ne nous envoie pas les meilleurs, ce qui n'est pas forcément vérifié.
Alors sans doute pour laisser un souvenir à Mayotte, celui-ci a décidé de bouleverser le calendrier des jours fériés sur l'île.
Aujourd'hui, c'est le Miradji (ou Miradj, Mirhadj), qui célèbre l'ascension du Prophète dans la religion musulmane. Traditionnellement, ce jour est férié à Mayotte, comme l'y autorise le code du travail version mahoraise:
| Les trois dernières lignes sont claires |
Il soutiendrait que la date est trop proche des examens (et en primaire?) et qu'il y a des jours de grève qui risquent perturber la préparation de ceux-ci (il est vrai que la grève pour l'indexation a provoqué, et ce n'est pas fini, quelques jours sans prof pour les étudiants).
Mais s'attaquer à la date et au droit de grève! Et à la religion!!
Comment ont réagi les Mahorais?
Dès l'annonce, il s'est dit à mots non-couverts (même à la télé d'ici) que la décision pourrait ne pas être très bien comprise. Et le débat s'est porté vers l'inévitable question: est-il normal que l'on supprime un jour férié de la religion musulmane alors qu'on impose aux Mahorais les jours fériés de la religion chrétienne?
La religion chrétienne n'est pas la religion officielle de la République Française, même si certain président de la République s'est laissé aller il y a quelques années.
Hier soir, des responsables ont appelé les parents à ne pas envoyer leur progéniture à l'école aujourd'hui.
D'ailleurs ce matin, dans mon école, qui est comme les autres, seule une quarantaine d'élèves sur 350 s'est présentée.
Comme on dit en ce moment à Roland-Garros, ce n'était pas un Coux gagnant, plutôt un revers!
25.5.13
Mayotte en 1982
C'était du temps où Mayotte rêvait, c'était du temps où Mayotte "mahorait"...
Dénichée sur le blog d'un Comorien, qui en est fier et qui voudrait lui aussi comme ses compatriotes que Mayotte revienne dans le giron originel de ses 3 soeurs, cette vidéo nous ramène 30 ans en arrière.
Ce document montre ce qui était et surtout ce que l'on essayait de mettre en place.
La récolte du riz paddy, anecdotique aujourd'hui, l'habitation traditionnelle mahoraise et l'organisation des villages, unités sociales, les cases rudimentaires, et l'effort que la France voulait impulser concernant la construction des premiers bâtiments en dur, qui devaient être le début du développement.
Qu'a gagné Mayotte aujourd'hui?
Des écoles, collèges et lycées, des structures hospitalières dignes de ce nom, un certain développement améliorant le niveau de vie général.
Mais pour ceux qui vivent ici, on note dans ce reportage une énergie et un sens de l'entraide (musada en langue locale) qui ont disparu ou presque. Où est cet enthousiasme créateur du documentaire? Aujourd'hui, les Mahorais attendent tout de la métropole, n'entreprennent guère, mais ont tous envie de profiter du gâteau!
Il s'est rajouté une immigration clandestine démesurée (tous les jours sont arraisonnés des kwassa-kwassas) créant des tensions entre les Mahorais et leurs cousins Anjouanais, bien que les premiers exploitent sans honte les seconds, et cet afflux entraîne une surpopulation intenable.
La société s'est fracturée dangereusement et ces différences engendrent insécurité (qui explose depuis le début de l'année) sous la forme d'agressions en plein jour, de cambriolages réussis ou pas, dont la presse ne parle pas d'ailleurs (pas assez porteur?). Et que dire de la corruption à tous les niveaux, élus, fonctionnaires (en ce moment procès de douaniers ripoux), qui engloutit la manne gouvernementale (on parle d'1 milliard d'euros par an, mais il ne faut pas le dire).
L'avenir?
Maintenant, les Mahorais attendent avec les yeux qui brillent les 200 millions d'euros en 7 ans provenant de l'Europe, dont les élus disent déjà que c'est insuffisant et qu'ils sont traités comme une RUP au rabais!
Pourtant, ça va en payer des voitures de fonction, des voyages et des résidences plus ou moins secondaires...
Pour le reste, il y a toujours des quartiers pauvres et insalubres tels qu'on les dénonce déjà dans le film. Et des déchets produits par ce qui n'était pas encore la société de consommation.
Si on pouvait faire un "retour vers le futur", on s'y prendrait sûrement mieux.
Mais Allah serait-il d'accord?
Dénichée sur le blog d'un Comorien, qui en est fier et qui voudrait lui aussi comme ses compatriotes que Mayotte revienne dans le giron originel de ses 3 soeurs, cette vidéo nous ramène 30 ans en arrière.
Ce document montre ce qui était et surtout ce que l'on essayait de mettre en place.
La récolte du riz paddy, anecdotique aujourd'hui, l'habitation traditionnelle mahoraise et l'organisation des villages, unités sociales, les cases rudimentaires, et l'effort que la France voulait impulser concernant la construction des premiers bâtiments en dur, qui devaient être le début du développement.
Qu'a gagné Mayotte aujourd'hui?
Des écoles, collèges et lycées, des structures hospitalières dignes de ce nom, un certain développement améliorant le niveau de vie général.
Mais pour ceux qui vivent ici, on note dans ce reportage une énergie et un sens de l'entraide (musada en langue locale) qui ont disparu ou presque. Où est cet enthousiasme créateur du documentaire? Aujourd'hui, les Mahorais attendent tout de la métropole, n'entreprennent guère, mais ont tous envie de profiter du gâteau!
Il s'est rajouté une immigration clandestine démesurée (tous les jours sont arraisonnés des kwassa-kwassas) créant des tensions entre les Mahorais et leurs cousins Anjouanais, bien que les premiers exploitent sans honte les seconds, et cet afflux entraîne une surpopulation intenable.
La société s'est fracturée dangereusement et ces différences engendrent insécurité (qui explose depuis le début de l'année) sous la forme d'agressions en plein jour, de cambriolages réussis ou pas, dont la presse ne parle pas d'ailleurs (pas assez porteur?). Et que dire de la corruption à tous les niveaux, élus, fonctionnaires (en ce moment procès de douaniers ripoux), qui engloutit la manne gouvernementale (on parle d'1 milliard d'euros par an, mais il ne faut pas le dire).
L'avenir?
Maintenant, les Mahorais attendent avec les yeux qui brillent les 200 millions d'euros en 7 ans provenant de l'Europe, dont les élus disent déjà que c'est insuffisant et qu'ils sont traités comme une RUP au rabais!
Pourtant, ça va en payer des voitures de fonction, des voyages et des résidences plus ou moins secondaires...
Pour le reste, il y a toujours des quartiers pauvres et insalubres tels qu'on les dénonce déjà dans le film. Et des déchets produits par ce qui n'était pas encore la société de consommation.
Si on pouvait faire un "retour vers le futur", on s'y prendrait sûrement mieux.
Mais Allah serait-il d'accord?
22.4.13
Tricheurs nés!
Aux dernières élections législatives, il y avait beaucoup de candidats: pensez donc, député, le pouvoir (ah! le pouvoir...), les avantages, l'argent....
Seulement voilà, dans notre République, il y a un code électoral, bref des règles, la France n'est pas certains états africains, qui jouent encore avec la sémantique républicaine ou démocratique mais n'en ont que les mots.
Donc ces messieurs Mahorais voulaient bien jouer mais avec leurs règles!
Résultat: le Conseil Constitutionnel les a déclarés inéligibles pour 3 ans.
Comme ils savent lire, c'est en toute connaissance de cause qu'ils n'ont présenté aucun compte de campagne. Pourquoi? Sans doute qu'ils ne devaient pas être jolis, jolis!
Mais la presse d'ici les caresse encore dans le sens du poil en suggérant que comme ils n'ont pas passé le premier tour, ils ne se croyaient pas obligés de les présenter, les comptes. Ben voyons!
Auparavant, deux maires avaient eux aussi subi le même sort pour des dons en espèces dépassant les 150 € (plusieurs milliers d'euros, voire plus parce que les espèces...).
Ce qui fait 9. C'est beaucoup.
Ajoutons les trois élus qui vont être condamnés par la justice, la charrette est pleine.
En comparaison, ils ne sont que 2 dans ce cas à La Réunion, qui comptait beaucoup plus de candidats.
Pour Mayotte, le grand nettoyage ne concernera donc pas que les plages... mais ailleurs, il a déjà commencé.
Seulement voilà, dans notre République, il y a un code électoral, bref des règles, la France n'est pas certains états africains, qui jouent encore avec la sémantique républicaine ou démocratique mais n'en ont que les mots.
Donc ces messieurs Mahorais voulaient bien jouer mais avec leurs règles!
Résultat: le Conseil Constitutionnel les a déclarés inéligibles pour 3 ans.
Comme ils savent lire, c'est en toute connaissance de cause qu'ils n'ont présenté aucun compte de campagne. Pourquoi? Sans doute qu'ils ne devaient pas être jolis, jolis!
Mais la presse d'ici les caresse encore dans le sens du poil en suggérant que comme ils n'ont pas passé le premier tour, ils ne se croyaient pas obligés de les présenter, les comptes. Ben voyons!
Auparavant, deux maires avaient eux aussi subi le même sort pour des dons en espèces dépassant les 150 € (plusieurs milliers d'euros, voire plus parce que les espèces...).
Ce qui fait 9. C'est beaucoup.
Ajoutons les trois élus qui vont être condamnés par la justice, la charrette est pleine.
En comparaison, ils ne sont que 2 dans ce cas à La Réunion, qui comptait beaucoup plus de candidats.
Pour Mayotte, le grand nettoyage ne concernera donc pas que les plages... mais ailleurs, il a déjà commencé.
7.4.13
Paroles de sénateurs
Thani Mohamed Soilihi est un des 2 sénateurs de Mayotte. Il est apparenté PS.
L'autre est Abdourahamane Soilihi, et malgré le même patronyme (mais les noms, ici....), il n'est pas de la même famille puisqu'il est UMP.
Le premier est intervenu en séance dans le débat sur le mariage pour tous;
Voici son intervention très courageuse sur un sujet très sensible ici de par la composition de la société mahoraise:
M. le président. La parole est à M. Thani Mohamed Soilihi.
Voici l'intervention de l'autre sénateur, Abdourahamane Soilihi:
Chacun se fera son opinion.
M. le président. La parole est à M. Thani Mohamed Soilihi.
M. Thani Mohamed Soilihi. Monsieur le président, mesdames les ministres, mes chers collègues, au regard des débats qui ont eu lieu à l’Assemblée nationale et dans les médias, on pourrait s’étonner de me voir prendre la parole dans cette discussion, moi qui suis l’élu d’un département d’outre-mer où la tradition culturelle est très forte, très différente de celle de la métropole et où 95 % de la population est de confession musulmane.
J’ai pourtant d’excellentes raisons, républicaines, de penser que ce projet de loi, avec tous les enjeux qu’il soulève, représente une chance plus qu’une opportunité. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste, du groupe CRC et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)
Pour l’avocat que je suis, le fait que la France souhaite réparer une rupture d’égalité devant le droit en rejoignant les sept autres États de l’Union européenne qui ont ouvert cette voie est une raison suffisante d’agir en tant que législateur. Pour le représentant d’une île qui a tant marqué son attachement à notre pays, c’est une occasion supplémentaire de réaffirmer l’ancrage de ce territoire dans la République.
Je vais vous présenter les raisons qui, transcendant mes convictions religieuses, me poussent à voter ce projet de loi.
M. Thani Mohamed Soilihi. Auparavant, toutefois, permettez-moi de faire une remarque d’importance. J’ai été très étonné d’apprendre que des membres d’une association avaient prié devant l’Assemblée nationale et demandé à le faire aussi devant le Sénat, alors même que les prières de rue sont interdites, à juste titre, au nom de la laïcité ! (Vifs applaudissements sur les travées du groupe socialiste, du groupe CRC et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.) Cette interdiction ne saurait s’appliquer aux seuls musulmans de notre pays, au nom du principe d’égalité ! (Applaudissements sur les mêmes travées.)
M. Thani Mohamed Soilihi. Cette parenthèse refermée, j’en viens aux raisons pour lesquelles je voterai ce projet de loi.
En premier lieu, les couples de même sexe sont aujourd’hui placés dans une situation d’inégalité inacceptable puisque, pour organiser une vie commune, ils n’ont pas d’alternative au PACS, convention qui ouvre des droits étroitement limités. Je vous rappelle que le PACS, qui a démontré son utilité, s’était heurté au moment de sa création à une vive opposition. Il est d’ailleurs amusant d’observer que ses opposants d’hier en sont devenus les ardents défenseurs !
M. François Rebsamen. Eh oui !
M. Thani Mohamed Soilihi. Le présent projet de loi a le mérite de mettre fin à ces situations d’inégalités et de discriminations indirectes en ouvrant le mariage aux personnes de même sexe.
Il permet également d’offrir aux enfants élevés par un couple homosexuel un cadre familial plus sûr et plus protecteur juridiquement. Car ces enfants existent : selon les associations de parents homosexuels, 200 000 à 300 000 enfants seraient concernés. Nous ne pouvons pas les ignorer, sous prétexte qu’ils heurtent nos représentations morales ou religieuses.
Ensuite, il faut reconnaître que, dans nos îles, l’homosexualité est plus difficile à vivre qu’ailleurs : l’insularité peut y rendre le regard social plus pesant, plus réprobateur qu’en d’autres endroits. Si la diversité sociologique, géographique, culturelle et religieuse des outre-mer est une réalité, elle ne doit pas servir de prétexte pour se soustraire aux avancées sociales de notre pays ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste, du groupe CRC et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)
M. Thani Mohamed Soilihi. Je crois vraiment que nous ne pouvons pas revendiquer l’appartenance à la République et réclamer l’application du droit commun, par exemple en matière de départementalisation, tout en faisant valoir des particularités locales lorsqu’un projet de loi nous contrarie.
Il ne peut y avoir de rupture du pacte républicain entre la France et les outre-mer, surtout quand il s’agit de libertés. Nous avons tant lutté pour elles et nous luttons encore, qu’il s’agisse de l’abolition de l’esclavage, de la départementalisation pour ce qui concerne mon île, ou de notre conquête de l’égalité des droits !
Pas plus que l’abandon légal de la polygamie à Mayotte, coutume interdite en 2005 quoiqu’elle fasse partie intégrante de notre culture, la possibilité donnée aux couples homosexuels de s’unir ne sonnera le glas de notre identité.
M. Thani Mohamed Soilihi. Enfin, je tiens à rappeler que ce projet de loi répond à un engagement de campagne clair du candidat François Hollande. (Murmures sur les travées de l'UMP.) Il est normal que, devenu Président de la République, il mette en œuvre sa politique au profit de tous les Français. C’est notamment la raison pour laquelle le Gouvernement, qui poursuit la consolidation du processus de départementalisation voulu par les Mahorais, a prévu à l’article 21 du projet de loi que les dispositions relatives aux prestations familiales seraient applicables à la situation de parents de même sexe.
En somme, je considère que ce projet de loi, défendu avec conviction et talent par une ministre elle-même ultramarine, est une formidable occasion de montrer que nous sommes capables d’aller vers l’intérêt général et le dépassement de nos intérêts individuels en portant, mieux encore que quiconque, les grandes avancées symboliques de notre République. C’est à ce prix que les sociétés évoluent et que les droits et les libertés progressent. Je voterai ce projet de loi, qui constitue pour nous tous un véritable progrès pour l’égalité des droits – ce n’est pas Mme Bariza Khiari qui me contredira ! (Bravo ! et vifs applaudissements sur les travées du groupe socialiste, du groupe CRC et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE. –L’orateur est chaleureusement félicité par ses collègues.)
M. le président. La parole est à M. Abdourahamane Soilihi.
M. Abdourahamane Soilihi. Monsieur le président, mesdames les ministres, madame, monsieur les rapporteurs, mes chers collègues, nous examinons aujourd’hui au Sénat un texte d’une importance capitale pour la nation française tout entière. Or, en cet instant, je m’interroge sur son opportunité, étant donné qu’il est fortement contesté par la quasi-majorité de nos concitoyens.
M. Jean Bizet. C’est vrai !
M. Abdourahamane Soilihi. C’est dire, madame le garde des sceaux, à quel point les nombreuses manifestations d’hostilité à ce projet de loi méritent d’être entendues car elles sont bien fondées.
M. Serge Larcher. Il y avait 100 manifestants en Martinique !
M. Abdourahamane Soilihi. Si le texte fait l’objet de vives désapprobations dans l’Hexagone, sachez, mesdames les ministres, mes chers collègues, qu’il ne rencontre guère un écho plus favorable dans les collectivités ultramarines.
Partout, sur notre territoire national, les cris se multiplient pour dénoncer, d’une part, un projet de loi inopportun eu égard au climat exacerbé et émaillé de tensions économiques et sociales fortes et, d’autre part, une promesse de campagne qui heurte profondément les valeurs fondatrices de notre modèle démocratique.
Par ailleurs, il me paraît légitime de reconnaître que les couples constitués de personnes de même sexe ont pleinement leur place dans le pacte républicain qui nous unit. Et la nation doit leur garantir respect et protection. Cela étant, leur homosexualité ne devrait être un motif de rejet d’aucune sorte par la communauté.
Cependant, la notion de mariage civil telle que préconisée par la législation suppose l’union d’un homme et d’une femme pour fonder une famille.
Cette remarque m’amène à attirer votre attention, mes chers collègues, sur le cas spécifique de Mayotte, car l’institution du mariage homosexuel ne présente pas la même dimension en métropole que dans les territoires lointains.
Pour ce qui concerne cette collectivité, fraîchement transformée en département, où le processus de droit commun n’en est qu’à ses balbutiements, l’attention à son égard doit rester intacte du fait des risques de démembrement ou de dénaturation d’un modèle uniforme de société.
Pour le deuxième anniversaire de la départementalisation, pas plus tard que le week-end dernier, ce territoire et ses habitants ont encore réaffirmé leur adhésion aux principes et aux valeurs qui fondent notre République.
Devrais-je vous dire, madame le garde des sceaux, qu’il ne s’agit nullement d’opposer les principes fondateurs de nos diversités et singularités culturelles à celui d’égalité républicaine tant sur le plan national que dans nos outre-mer respectifs ? Je sais que ce n’est pas vous qui contredirez mon affirmation selon laquelle ce sont ces inégalités qui font l’actualité dans nos collectivités ultramarines.
Quant à nos spécificités, force est de préserver avec la plus grande acuité nos références culturelles et sociétales, gages de nos identités individuelles dans une République indivisible.
Au demeurant, un débat s’est tenu le 20 février dernier, ici même, au Sénat. Une fois de plus, il a largement contribué à mettre en exergue les défis majeurs auxquels la deuxième île française de l’océan Indien est confrontée. Il y a eu unanimité pour dire que tout est à construire du point de vue économique et que culturellement Mayotte doit rester ce qu’elle est pour préserver son identité.
À cet effet, j’affirme qu’il ne faut pas mélanger le désir de changement revendiqué par une minorité de personnes qui réclame l’égalité de droit, et le danger de mettre en péril nos structures sociétales, qui sont enracinées avec constance, et ce en conformité avec nos traditions.
Permettez-moi de formuler quelques observations de forme sur Mayotte, une collectivité désormais régie par le principe de l’identité législative. Cela suppose que les lois s’y appliquent de la même manière à tout le monde et sans exception. Or, en raison des inégalités sociales qui y existent, ce territoire est devenu le théâtre de manifestations interminables auxquelles participent légalement des citoyens qui réclament leur dû aux pouvoirs publics.
Vous le constatez, madame le garde des sceaux, nos compatriotes mahorais attendent de votre gouvernement des mesures de changement concrètes en faveur de la justice sociale et non la destruction des bases sociétales, qui les caractérisent à bien des égards.
Avec force, je vous dis que le présent texte est en contradiction totale avec la société, même si vous considérez, pour votre part, qu’il constitue une évolution majeure.
Je tiens à souligner qu’un rapport de 2008 de nos collègues Christian Cointat, Jean-Jacques Hyest, Yves Détraigne et Michèle André, intitulé Départementalisation de Mayotte : sortir de l’ambiguïté, faire face aux responsabilités, tire avec éclat les enseignements de la mise en œuvre progressive et adaptée de la mutation statutaire et du fonctionnement progressif des institutions afin d’assurer l’avenir harmonieux de l’île tout en conciliant la préservation des équilibres socio-économiques et le respect des exigences républicaines.
M. le président. Veuillez conclure, mon cher collègue.
M. Abdourahamane Soilihi. Madame le garde des sceaux, le changement profond de société que vous proposez amènera certainement les Mahorais à être confrontés à un paradoxe qui ne fera que remettre en cause les aspects inhérents aux traditions et cultures locales à valeur coutumière.
À juste titre, la religion musulmane, implantée à Mayotte depuis le XVe siècle, soit bien avant l’arrivée de la France, occupe une place centrale dans l’organisation sociale ; près de 95 % des Mahorais sont d’obédience musulmane et pratiquent avec modération cette religion, qui se veut paisible et courtoise.
M. le président. Mon cher collègue, votre temps de parole est écoulé.
M. Abdourahamane Soilihi. Vous l’aurez compris, mesdames les ministres, mes chers collègues, l’inadéquation du projet de loi est telle par rapport aux constats que je viens d’établir qu’il ne peut exister aucune adaptation possible, compte tenu des spécificités de Mayotte. (Bravo ! et applaudissements sur les travées de l'UMP.)
2.4.13
Deux ans d'impatience
Le 31 mars 2011, Mayotte est devenue le 101ème département français. En fait, elle est devenue DROM comme on les appelle désormais: Département-Région d'Outre-Mer.
Ce weekend, pas tellement pascal ici, forcément, bien que hier était férié quand même, on a donc célébré le deuxième anniversaire de la transition.
Il n'a pas donné lieu à de grandes festivités: un colloque, quelques personnalités de seconde importance, une pincée de folklore et ɓasi ! (c'est tout, en shiMaore)
Parmi les analyses des avancées, en voici une un peu extérieure d'une journaliste de rfi :

Le député Boinali Saïd a la mémoire courte: il y a un an, il était syndicaliste et attendait lui aussi que «l'Etat français donne». Serait-il passé du côté des colons?
Ah! la politique!
Ce weekend, pas tellement pascal ici, forcément, bien que hier était férié quand même, on a donc célébré le deuxième anniversaire de la transition.
Il n'a pas donné lieu à de grandes festivités: un colloque, quelques personnalités de seconde importance, une pincée de folklore et ɓasi ! (c'est tout, en shiMaore)
Parmi les analyses des avancées, en voici une un peu extérieure d'une journaliste de rfi :
Deux ans après, le département de Mayotte se sent toujours «oublié»

Le mouvement de grève des fonctionnaires pour l'indexation des salaires a duré dix jours.
RFI/Aurore Lartigue
Par Aurore Lartigue
En 2009, à l'issue d'un référendum, les Mahorais décidaient d'abandonner le statut de collectivité territoriale pour devenir le 101e département français et le 5e département d'outre-mer (DOM). Depuis le 31 mars 2011, ce statut est effectif et a entraîné des bouleversements profonds sur une île jeune et en proie à d'énormes problèmes. Deux ans après, à 8 000 kilomètres de la métropole, on oscille toujours entre patience et déception.
Mayotte a bien failli célébrer les deux ans de la départementalisation au milieu des manifestations, devenues habituelles ces deux dernières années. Cette fois, les fonctionnaires réclamaient l'indexation des salaires et l'égalité avec leurs confrères m'zungus - les Blancs - qui bénéficient de primes.
La départementalisation, Mayotte l'a souhaitée à 95%. Plus que par attachement à la France, il s'agissait d'abord de rester indépendante des Comores. Les Mahorais craignant la soumission à Moroni. Avec un PIB dix fois supérieur à celui de ses voisins, les Mahorais savent qu'ils sont mieux lotis que leurs voisins. « Mayotte s'est beaucoup développée : des écoles ont été construites, les routes refaites. La départementalisation est une bonne chose, assure Ibrahim. A 51 ans, son français est hésitant comme souvent ici où la langue maternelle est le shimaoré ». Son espoir : le statut de Région ultra-périphérique (RUP) qui doit permettre en 2014 à l'île d'accéder aux fonds de l'UE.
Un département « discriminé »
Côté responsables, le discours est tout autre. Pour eux, Mayotte est « discriminé » par rapport aux autres DOM. « Il n'a pas fallu longtemps pour se rendre compte qu'on allait faire de nous des sous-citoyens dans un sous-département, s'emporte Rivo, le leader du SNUIPP, le syndicat des instituteurs, bien conscient que la crise économique ne va pas arranger les choses. On est au bord de l'explosion ! Ce que veulent les Mahorais, c'est l'égalité républicaine ».
Contrée lointaine longtemps délaissée par la France, depuis une douzaine d'années, Mayotte a entamé un rattrapage à « vitesse grand V ». Le PIB par habitant a presque doublé. Mais l'île part de très loin et reste le département le plus pauvre. 92% de la population vivrait en-dessous du seuil de pauvreté métropolitain. En dépit de ce constat, elle va devoir attendre pour voir s'appliquer les mêmes droits qu'ailleurs. Pour exemple, le Revenu de solidarité active (RSA), progressivement mis en place, ne correspond aujourd'hui qu'à 37,5% du montant métropolitain.
En 2014, de nouveaux impôts (taxe foncière et taxe d'habitation) feront leur apparition. Un sacré bouleversement, et là, souligne-t-on, il n'y aura pas de mise en place progressive comme pour les prestations sociales.
Des dépenses toujours insuffisantes en matière d'éducation
Pour illustrer ce traitement inégalitaire, c'est l'éducation qui revient. Depuis que Mayotte est intégrée dans la République, tous les enfants doivent être scolarisés. Mais les salles de classes manquent et les établissements sont parfois obligés de fonctionner par rotation : cours le matin ou l'après-midi. « Est-ce acceptable en France, s'indigne Thani Mohamed Soilihi, alors qu'on débat sur les rythmes scolaires ! ». Un enjeu considérable pour l'Etat quand on sait que plus de 50% de la population a moins de 20 ans et que le taux d'illétrisme bat des records. « Sauf que, relève l'économiste Antoine Math, le niveau des dépenses d’éducation par élève est encore moitié moins élevé ici que dans les autres régions ».
Pas de miracle
« Tous ceux qui espéraient que la départementalisation allait être la panacée sont déçus. Il n'y a pas eu de miracle », se désole le sénateur Thani Mohamed Soilihi. Et l'élu de pointer son effet pervers : « Pendant des années, au lieu de demander plus de développement, d'égalité sociale, le département a été la seule revendication ». Le nouveau préfet, Jacques Witkowski, arrivé il y a un mois, concède que l'égalité prendra du temps, 20 à 25 ans, c'est le délai promis par le gouvernement. « Dans les autres DOM, cela a pris plus de 60 ans », rappelle-t-il.
Un argument inacceptable, pour le sénateur socialiste. « Quel département a vu en moins d'une décennie la part de son immigration clandestine représenter 40 % de la population ? », s'interroge Thani Mohamed Soilihi. La pression migratoire, voilà le principal problème auquel ce département balbutiant doit faire face.
Polygamie interdite et justice musulmane supprimée
On pointe aussi la responsabilité des politiques locaux. Le Conseil général, par exemple, incarne tous les problèmes de l'île. Conséquence d'années de clientélisme qui ont mené à faire gonfler le nombre d'agents sous qualifiés, son action actuelle est plombée par un déficit que la nouvelle équipe peine à résorber.
Résultat : 80% du budget englouti en frais de fonctionnement, et seulement 3% des dépenses consacrées à l'aide sociale à l'enfance, qui devrait en constituer l'essentiel.
Pour le député Boinali Saïd, « les Mahorais n'ont pas été suffisamment préparés à ce changement. Il faut qu'ils prennent conscience que la République c'est des droits, mais aussi des devoirs. On est encore dans une logique de colonisation où l'on attend que l'Etat français donne».
Musulmans à 95%, ils ont pourtant fait des concessions pour se couler dans un modèle de société occidentale. Interdiction de la polygamie, relèvement de l'âge légal du mariage, fin de la justice cadiale rendue par des juges musulmans.
Aujourd'hui, les Mahorais aimeraient que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » ne soit pas qu'un slogan.
Ah! la politique!
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