12.11.13

... je m'en vais !

Ils avaient pris leur valise. Direction l’aéroport. Ce matin, les fonctionnaires en grève, réunis en intersyndicale, ont organisé une manifestation entre la barge de Petite-Terre et l’aéroport de Pamandzi. Une façon d’illustrer le slogan qui s’affiche sur les T-shirts depuis quelques jours : «L’Etat m’a trahi, je m’en vais.»
A 10h30, la marche s’élance avec, en tête de cortège, un groupe de lycéens enjoués et motivés qui scandaient «on est victimes, on est victimes ! » Une présence surprenante qu’une lycéenne nous explique : «On est en terminale et on veut étudier. Mais on se met à leur place. Quand on part avec un contrat, on ne le change pas. C’est pas bien de faire ça.»
Une action symbolique 500 voyageurs virtuels, venus majoritairement de Grande Terre, avaient fait le déplacement vers l’aéroport de Dzaoudzi. «L’action d’aujourd’hui a un caractère symbolique mais extrêmement parlant, explique Frédéric Muller, de la FSU et membre de l’intersyndicale des fonctionnaires en grève. Ce départ n’est pour l’instant qu’une mise en scène. Mais il pourrait devenir effectif si le gouvernement s’en tient aux promesses non tenues.»
«Si la moitié des 7000 fonctionnaires partaient, scandait Kamel Adjemout, Mayotte perdrait 200 millions d’euros par an, en loyers, dépenses et impôts.»
Le point sur les discussions parisiennes Après un passage dans les rues de Labattoir puis de Pamandzi, les manifestants écrasés par la chaleur arrivent à l’aéroport. Les représentants de l’intersyndicale font un point sur les démarches. «Une réunion des trois ministères –Outremers, Fonction publique et Economie- s’est tenue vendredi soir, précisait Frédéric Muller. Aucune décision n’a encore été prise et le dossier a été envoyé à Matignon. Les dirigeants nationaux (des syndicats) font une énorme pression pour obtenir une ouverture réelle». «On ne peut pas s’arrêter au milieu du gué» rajoutait Thierry Wuillez, du SNES-FSU. Une façon d’évacuer les craintes de démobilisation alors que le mouvement est entré dans sa deuxième semaine.
La suite Pour garder des troupes motivées, rien de tel que le programme du reste de la semaine : rassemblement devant la maison d’arrêt de Majicavo demain en soutien aux «copains» de la pénitentiaire, solidaires du mouvement et surtout rendez-vous avec le préfet à l’issu de la nouvelle manifestation prévue jeudi à Mamoudzou. Les grévistes lui remettront une masse de lettres nominatives signées par les grévistes pour lui signifier symboliquement «dans le cadre d’un départ collectif», leur «décision de réintégrer (leur) affectation d’origine».

L’intersyndicale doit se réunir en fin d’après-midi, sans pour autant organiser une assemblée générale, pour examiner d’éventuelles décisions qui auraient été prises par les services du Premier ministre dans la journée.
Sous la chaleur de Petite Terre, les grévistes sont ensuite repartis vers la barge, à pied pour certains, en taxi pour d’autres.
RR   Source : Article "Le journal De Mayotte"

Et le JT de ce soir où on voit que le ton monte au niveau des forces de l'ordre:

9.11.13

Eliot Pyls

Some fresh air...

On a ça aussi à Mayotte:


ou encore là:
et plus sur leur site .

8.11.13

L' État m'a trahi...

... je m'en vais !

Les fonctionnaires continueront leur grève pour la deuxième semaine et les esprits commencent à s'échauffer. La police s'en mêle, mais pas encore au point de la vidéo de l'article ci-dessous, c'était bien sûr un montage, ceux qui suivent auront compris. L'armée était bien sur l'île, mais c'était pour des manœuvres.
La semaine prochaine, on les reverra peut-être pour de vrai!
Les Mahorais ne comprennent pas tous ce mouvement mais un club de foot de Poroani, dans le sud, s'y est essayé, alors, en kibushi et en shiMaore pour les mahorais et en français pour les métropolitains, voilà leur analyse:
Daoula na enri maoré ma isi manaou kabari ata fontionnaire m’bou iboka kisyoi tsikati : 
=> neka tsisi foundi, tsisi fidhourouoi
=> neka tsisi la police, tsisi houlou m’kouhoufadhui
=> neka tsisi doctera, tsisi houlou m’bou anété houlou marari
=> neka tsisi juge, tsihouyissi houkouma 
Fonctionnairi rehou dramandiha mouli ihou hasara entani yetou ankiba m’bou mbombo. 
Atsika m’bou idédrika manakore an nanti departementi ?
Gouvernéma kayisou shapiha na yi tsi ya maoré.
Isouva msada ya mafonkousionéra wandré dzao : 
=> Na neka kavousi mafoundi, kavoutsoka msomo
=> Neka kavousi ma milisi, kavoutsoka hifadhui
=> Neka kavousi ma toibibou, kavoutsoka ounono
=> Neka kavousi ma jiji, kavoutsoka houkma 
Mafonkousionera wa mwendra dzao io hasara tsijou, ankiba i angamia. 
Ritso yinshi jéjé moni nayi departima ?
Le gouvernement abandonne Mayotte en incitant tous les fonctionnaires à quitter l'île : 
=> Sans profs, pas d'éducation
=> Sans policiers ni douaniers, pas de sécurité
=> Sans personnel médical, pas de soin
=> Sans magistrats, pas de justice
Le retrait massif des fonctionnaires serait une catastrophe économique et sociale pour l’île et ses habitants. 
Quel avenir pour le département ?
Les collèges et lycées sont presque tous fermés, le port de Longoni, poumon économique de l'île, est bloqué, les magistrats ne jugent plus que les affaires courantes, les médecins fonctionnent en sous effectif depuis longtemps et les policiers ne savent pas s'ils doivent soutenir le mouvement avant de devoir taper sur les fonctionnaires. 
Comme d'habitude, pour qu'on en parle dans l'hexagone, il faudra du sang et des larmes... 

lire : à Mayotte, les fonctionnaires en colère crient à la trahison

6.11.13

Grève des fonctionnaires

Les fonctionnaires d'État de Mayotte sont en grève toute la semaine au moins après une première journée mardi dernier: enseignants, personnel médical, magistrats, policiers, personnel administratif... soit plus de 5000 agents concernés.
Motif: le gouvernement a décidé de soumettre à l'impôt les primes d'éloignement consenties aux courageux fonctionnaires acceptant de travailler pendant 2 ou 4 ans ici. Certains avantages étaient accordés par décret depuis 20 ans pour atténuer les frais d'installation et le coût de la vie prohibitif à Mayotte, sans lesquels il y aurait peu de candidats à vouloir aider les Mahorais à acquérir les compétences nécessaires au développement et la gestion de ce nouveau département où tout reste à organiser. Et ce n'est pas l'insécurité grandissante qui va inciter les volontaires à se lancer dans l'aventure!
Seulement voilà: l'État veut changer les règles du jeu en cours de partie, sans prévenir, sans concertation, avec rétroactivité et ses agents ne sont pas du tout d'accord! Mais alors pas du tout!
Commencée pacifiquement, la grève inquiète les pouvoirs publics locaux au point que des forces démesurées sont désormais opposées aux manifestants:
Sous haute surveillance
Le JT local d'hier soir vous éclairera un peu plus:
Attention: détournement

5.11.13

Coupe de France

Après le basket, c'est au tour du foot. Deux sports où les Mahorais peuvent, comme les autres ultramarins, se mesurer aux autres clubs de la métropole. Et en général, les histoires de foot finissent mal pour le foot mahorais, dès qu'il va jouer la Coupe de France en métropole.
Donc en novembre, c'est le 7ème tour de cette Coupe de France qui s'ouvrira aux équipes tropicales.
Voici le tirage des matches du weekend des 16 et 17 novembre. Ceux qui reçoivent, avec l'avantage de ne pas connaître déplacement et froid:

 En Outre-Mer :
CS Le Moule (Guadeloupe) - FC Chambly
US Sainte Marienne (Réunion) - Paris FC
AS Dragon (Polynésie) - Belfort ASM FC

Et ceux qui effectueront le voyage:
En Métropole :
US Avranches - US Matoury (Guyane)
USC Concarneau -  Club Franciscain (Martinique)
AS Poissy - Hienghene Sport (Nouvelle Calédonie)
et surtout La Roche Sur Yon - AJ Kani-Kéli (Mayotte)

L'occasion pour les expatriés d'aller encourager leurs frères de là-bas.
L'AJ Kani-Kéli a remporté la coupe de Mayotte

1.11.13

Mayotte dans le noir

Mercredi, une panne nous a encore privés d'électricité mais cette fois toute l'île a été concernée!
Elle a duré de 14 à 21 heures à Mamoudzou, mais beaucoup plus longtemps dans d'autres communes de l'île.
Bon, ça arrive, mais pas de quoi en faire un article, juste de quoi vider les congélateurs...
Mais ce qui se produira dimanche est beaucoup plus rare et intéressant: Mayotte sera concernée par une éclipse solaire et même si nous ne sommes pas les mieux placés, ce sera mieux que dans l'hexagone où le Soleil ne sera occulté que de 10% et encore, à condition d'habiter dans l'extrême sud.
Chez nous, voilà ce que ça devrait donner:
Ce sera encore mieux en Afrique centrale:

Animation of November 3 solar eclipse

Ce sera juste avant le coucher du Soleil à Mayotte.
Espérons que le ciel soit clair, inch Allah!