23.4.13

La raie Manta nous aimanta

Le weekend dernier, sortie raie Manta dans le lagon nord de Mayotte.
Après beaucoup de recherches, un bain avec les dauphins (stenelles, curieux mais pas trop), nous avons enfin trouvé le but de notre sortie.
En surface, car elles s'y trouvent souvent pour engouffrer le plancton qu'elles adorent, voilà ce que ça donne:
Des taches sombres qui les trahissent quand il y a beaucoup de soleil.
Ce jour-là, nous en avons suivi deux pendant un bon moment car elles ne sont ni farouches ni dangereuses.
Elles étaient de taille moyenne, entre 1m50 et 2m d'envergure. Elles peuvent atteindre 6 mètres.
Les photos ne sont pas de moi mais elles reflètent bien ce que nous avons vu.
Le spectacle de ces ailes volantes sous-marines est à couper le souffle. Elles sont majestueuses.
Et pour une fois, Mayotte est à l'honneur, les raies Manta y sont désormais chez elles. En effet, il y a deux semaines, le nouveau préfet a signé un arrêté en interdisant la pêche dans le lagon et dans les eaux territoriales de l'île.
C'est une espèce menacée, qui sera bientôt protégée partout sans doute, tant elles sont faciles à capturer.
Mais cette fois, Mayotte montre l'exemple: c'est rare!
Elles pourront donc continuer de venir évoluer dans les eaux mahoraises, car dans leur trajet de l'Afrique du Sud au Mozambique, elles sont appréciées mais pour des raisons exclusivement culinaires.
Chez nous, elles vont devenir des stars comme les baleines, les dauphins, les tortues et les dugongs. Pas mal comme biodiversité protégée!

22.4.13

Tricheurs nés!

Aux dernières élections législatives, il y avait beaucoup de candidats: pensez donc, député, le pouvoir (ah! le pouvoir...), les avantages, l'argent....
Seulement voilà, dans notre République, il y a un code électoral, bref des règles, la France n'est pas certains états africains, qui jouent encore avec la sémantique républicaine ou démocratique mais n'en ont que les mots.
Donc ces messieurs Mahorais voulaient bien jouer mais avec leurs règles!
Résultat: le Conseil Constitutionnel les a déclarés inéligibles pour 3 ans.

Comme ils savent lire, c'est en toute connaissance de cause qu'ils n'ont présenté aucun compte de campagne. Pourquoi? Sans doute qu'ils ne devaient pas être jolis, jolis!
Mais la presse d'ici les caresse encore dans le sens du poil en suggérant que comme ils n'ont pas passé le premier tour, ils ne se croyaient pas obligés de les présenter, les comptes. Ben voyons!
Auparavant, deux maires avaient eux aussi subi le même sort pour des dons en espèces dépassant les 150 € (plusieurs milliers d'euros, voire plus parce que les espèces...).
Ce qui fait 9. C'est beaucoup.
Ajoutons les trois élus qui vont être condamnés par la justice, la charrette est pleine.
En comparaison, ils ne sont que 2 dans ce cas à La Réunion, qui comptait beaucoup plus de candidats.
Pour Mayotte, le grand nettoyage ne concernera donc pas que les plages... mais ailleurs, il a déjà commencé.

18.4.13

Plans de redressement

On pourrait dire:
 Mayotte au bord de la faillite!
Ou encore:
 Ces guignols qui nous dirigent! (mais là, c'est peut-être exagéré, disons profiteurs plutôt)

Explications:
La Cour Régionale des Comptes, qui surveille ceux des collectivités de Mayotte et de La Réunion, a rendu son avis:
10 communes mahoraises sont en déficit (en principe, c'est impossible), et surtout, le Conseil Général est toujours en déficit lui aussi (ainsi qu'un service de gestions des déchets).
Passons sur les communes, ce serait trop long: emplois fictifs, détournements, incompétence, ... pas sûr qu'on fasse mieux en métropole.
Mais le fameux Conseil Géré Mal, comme il a été si finement nommé dans une BD locale, est la discussion favorite des Mahorais.
Il n'y a pas de comptoir ici, mais les ragots vont bon train.
Les élus qui s'y sont succédé ont creusé un déficit abyssal en créant entre autres plus de 3000 emplois, là où 1000 suffiraient, et les hôtes actuels ne dérogent pas à la règle, malgré leurs airs angéliques.
Ils ont soi-disant ramené ledit déficit de 53 M€ à 17 M€. Le président de la CRC leur a fait remarquer sournoisement que « Cet excellent résultat, (...), est obtenu grâce aux recettes qui augmentent de 46M€ et donc non pas par une gestion rigoureuse, les dépenses de fonctionnement augmentant encore de 10M€ »
Mais il a aussi soupçonné ouvertement la collectivité d'avoir faussé le résultat en ne payant pas de grosses factures (électricité, par exemple) à temps, ce qui aurait terni la performance.
De vrais magiciens?
La défense avancée pour expliquer ce dédit chronique est que des charges devraient être assumées par l'état.
Celui-ci dépense pour Mayotte chaque année 550 M€, soit 2 500 euros par habitant ! 
Le 2 ème vice-président, qui n'a pas froid aux yeux, tient à sa performance et a une autre explication:

« La résorption du déficit du Conseil général est l’œuvre de Dieu ! »

A. L.  Malango
Si c'est Allah, alors! Le pire est que c'est ce que retiendront bon nombre de Mahorais: bien ou mal, ce qui arrive est voulu par Dieu. La discussion est close.

16.4.13

Très très chère vie à Mayotte

On va faire dans le sensationnel comme les infos de notre époque.
Du lourd, puisque pour du 0%, on se retrouve avec du +558%!!!
Explication:
Ces mêmes yaourts sont vendus 1,90 € en métropole... soit 5,58 fois plus chers ici!
Bon, il y a le transport aérien, mais sinon, qu'est-ce qui peut justifier une telle différence? Les douanes?

Deuxième exemple: le contrôle technique des voitures.
Je viens d'y faire passer la mienne, j'ai payé 85 €, comme il y a 2 ans, m'a rappelé le technicien.
Content d'avoir apporté ma contribution au développement de Mayotte payé ma facture sans augmentation, j'apprends quelques jours plus tard que c'est chez nous que le prix de ce contrôle est le plus élevé de France!
On est bien dans le rouge, rouge foncé car il est impossible de payer moins de 85 € dans tout notre département, c'est le même prix partout. En métropole, on peut faire jouer la concurrence, c'est justement le problème ici: certains secteurs sont en situation de monopole, ou bien appliquent tous le même tarif (entente?)

C'est sans doute pour cette raison que le 3ème vice-président du Conseil Général veut porter les indemnités des élus de 1500 € à ........ 3500 €, sans rire. Sans doute pour acheter des yaourts!
Au moins, lui, on sait pourquoi il s'est fait élire...
Au fait, il a déclaré son patrimoine?

14.4.13

Imelda

C'est le nom du 10ème système tropical de la saison cyclonique. Le I initial n'est que la neuvième lettre de l'alphabet car un système n'a pas atteint le grade de cyclone donc n'a pas été baptisé.
Ce météore, comme on dit dans la région, est très malicieux. Il a végété longtemps du côté de Diego Garcia où il a pris naissance le 3 avril, a changé plusieurs fois de trajectoire et d'intensité et ce n'est peut-être pas fini.
Ce soir, il est redevenu cyclone, semble-t-il pas pour très longtemps, mais il a provoqué une pré-alerte cyclonique à La Réunion et une alerte cyclonique à Maurice et à sa dépendance Rodrigues.
En rouge, de gauche à droite:
La Réunion, Maurice et Rodrigues
La trajectoire à venir est hasardeuse: soit il passe entre Maurice et Rodrigues et s'évacue gentiment vers l'est (ça, c'est ce qui était prévu il y a deux jours), soit il contourne Maurice et prend la direction de l'ouest, ce qui ressort des dernières prévisions.
Mais il y a plusieurs trajets prévus selon les agences dont un qui fait passer Imelda successivement sur Maurice et La Réunion.
De quoi s'inquiéter encore pour ce qui devrait être le dernier cyclone d'une saison cyclonique qui normalement s'arrête le 30 avril.
Pour nous à Mayotte, l'été se termine calmement, chaudement mais sans trop de pluies, ça devient une habitude et ce n'est pas normal. Où sont les pluies diluviennes qui duraient 3 jours?

12.4.13

Et Tromelin, alors?!


Eh oui! La question est d'importance!

Au moment où certains se demandent en métropole pourquoi Mayotte est française, en regard de ce qu'elle nous coûte et étant tellement différente de notre culture, on va discuter au Parlement français des autres petites îles de l'océan Indien, les si justement nommées îles Éparses.
Mais c'est quoi au juste ces cailloux?
Carte des îles Éparses, Ministère des Outremers
Et parmi ces confetti, il en est un à droite sur la carte au-dessus de La Réunion qui fait débat car il est question d'en abandonner une partie de notre souveraineté, bref de céder une partie de la France!
Et à qui? Aux Mauriciens!
Vous rendez-vous compte?
Mais voici la situation, exposée dans un article passionnant de Louis Imbert, du journal Le Monde d'hier 11 avril:

"Il était passé inaperçu au Sénat, l'îlot de Tromelin. Les sénateurs avaient ratifié sans débattre, en procédure simplifiée, un accord conclu en 2010, qui prévoit de partager une partie de l'administration de cette minuscule île française de l'océan Indien avec sa voisine, l'île Maurice, qui en revendique la souveraineté depuis son indépendance, en 1968.

L'île Tromelin, le 24 août 2012. | AFP/SOPHIE LAUTIER
L'Assemblée aurait probablement fait de même, jeudi 11 avril, si ce n'était l'esprit retors de Philippe Folliot, député UDI (centre) du Tarn. Passionné de confettis d'empire et compatriote tarnais de l'explorateur Jean-Louis Etienne, Folliot a repéré le nom de l'îlot dans les feuilles vertes où l'Assemblée égrène ses ordres du jour. Il s'est indigné. Allait-on brader un pan du territoire national ? Le ferait-on sans que les représentants du peuple n'en débattent ?
M. Folliot a écrit au président de l'Assemblée, Claude Bartolone. Il évoque"un grave précédent d'abandon de souveraineté". L'îlot est certes inhabité, reconnaît-il, mais son domaine maritime couvre environ 280 000 km2, soit un peu plus de la moitié de la France métropolitaine. Victoire pour M. Folliot : le texte a été reprogrammé en procédure régulière, avec débat possible à la clé. Dans le secret de la préfecture des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF, à laquelle Tromelin est rattachée depuis 2007), on sourit : les représentants du peuple s'intéressent aux confettis des antipodes.
ARCHÉOLOGUES POUR ÎLE DÉSERTE
Ledit morceau de terre est une langue de sable qui ne dépasse pas 1,5 km de long et 700 mètres de large, et culmine à 8 mètres d'altitude. Un récif de corail, trop proche des côtes pour former un lagon, interdit aux bateaux d'accoster. On arrive à Tromelin en avion militaire Transall ou par hélicoptère. On croise à terre des oiseaux couvant au sol (fous masqués à palmes noires ou à pieds rouges, frégates...), des tortues franches et vertes et des employés de Météo France. Trois employés, précisément, qui ont charge d'incarner la souveraineté nationale et de laisser passer les cyclones. En rondes quotidiennes autour de l'île, ils comptent aussi les œufs de tortue. Cela dure deux mois environ, avant qu'une autre équipe ne les relève.
L'accord de cogestion conclu avec Maurice a été d'abord évoqué par Jacques Chirac en 1999, puis repris par Nicolas Sarkozy en 2010. Il prévoit de partager la responsabilité de Tromelin en matière de protection de l'environnement. Ceci explique le comptage des œufs de tortues.
On fera également ensemble, sur l'îlot cogéré, de l'archéologie. Cette année déjà, que le député Folliot vote oui ou non, des archéologues mauriciens feront partie de la quatrième campagne de fouilles locales. Ils chercheront les tombes de 81 esclaves abandonnés ici en 1761. Leur négrier, L'Utile, avait fait naufrage. Les blancs s'étaient sauvés sur un radeau. Les esclaves étaient restés là quinze ans, jusqu'à ce que le chevalier de Tromelin, qui donnera son nom à l'île, vienne recueillir les derniers survivants : sept femmes et un enfant de quelques mois. Ils mangeaient des oiseaux de passage et des œufs de tortues. On ne sait pas encore comment ils s'abritaient du vent.
L'accord prévoit, surtout, de partager la zone économique exclusive (ZEE) attachée à l'île pour la pêche au thon. Ces eaux-là ne grouillent pas de thoniers, qui préfèrent croiser de l'autre côté de Madagascar, dans le canal du Mozambique, côté Afrique. Mais cela pourrait changer. Ainsi, l'esprit d'entreprise des pirates somaliens, qu'on a vu descendre jusque-là, pousse déjà les cargos faisant route vers l'Asie à passer du côté de Tromelin.
Déjà, en 2009, on avait parlé de l'île à l'Assemblée, et de ses sœurs, les Éparses. Les budgets de la défense se réduisaient. L'armée voulait abandonner ces bouts de terre, qu'elle seule relie au monde. Elle y déploie quatorze militaires et un gendarme basés de façon permanente sur trois îles du canal du Mozambique (Glorieuses, Juan de Nova et Europa). Ses navires et ses avions Transall assurent la logistique, dont le coût global annuel était de 6,3 millions d'euros en 2009. Au dernier moment, les fonds n'avaient pas été coupés. Mais Philippe Foliot, secrétaire de la commission parlementaire défense, le sait : le nouveau livre blanc, attendu pour cet été, pourrait forcer à défendre de nouveau les confettis, certains aux eaux possiblement pétrolifères."
Nous y voilà: on parle beaucoup de pétrole et de gaz dans la région. Mayotte a été sondée et il paraîtrait que les Comores auraient au large de leurs côtes d'importantes réserves d'or noir.
Outre des bases logistiques éventuelles (mais pour quoi faire?), des réserves poissonneuses, ces îles pourraient donc receler des richesses?
Les mirages, c'est dans le désert, non?

11.4.13

L'île 100% nature

Ceux qui suivent ce blog régulièrement croient connaître un peu Mayotte.
Mayotte a des problèmes, de la violence, tout est à faire, une gigantesque poubelle, rien ne marche et il n'y a que le lagon pour sauver l'île.
Eh bien pas du tout!
Mayotte est un bijou, la preuve sur le site de ouverture-voyage

Vue comme ça, c'est la perle de l'Océan Indien.
Les Seychelles, Maurice, les Maldives, les îles Cocos, Zanzibar et même Mada n'ont qu'à bien se tenir!
Venez les touristes, si vous ne connaissez pas Mayotte (et il faut dire que vous êtes largement majoritaires), vous avez tout faux!
On vous aura prévenu, il n'y aura pas de place pour tout le monde (ça, c'est vrai...)