30.8.12

L'université de Mayotte

Mayotte a son université.
On l'appelle le CUFR (Centre Universitaire de Formation et de Recherche).
Il est situé à Dembéni, dans les locaux du seul établissement d'enseignement supérieur existant ici, l'IFM (Institut de Formation des Maîtres), qui a résisté contrairement à ses frères de l'Hexagone.

Cette année, l'université s'est agrandie avec un nouveau bâtiment et plus d'accueil et de formations proposées.
Sont proposées:
- L1 et L2 de DROIT
- L1 et L2 d’AES
- L1 et L2 de lettres modernes
- L1 et L2 de géographie
- L1 MIPS (maths informatique physique système)
- L1 GBE (géosciences biologie écologie)
+ des DU de FLE et de concours administratif,
+ des formations en téléenseignement tutoré grâce aux partenariats avec les facs de Bordeaux, Rouen, Pau et La Réunion.
Pour la recherche, ce sera sûrement le milieu marin et la civilisation afro-musulmane.

La rentrée s'est tellement bien passée que les quotas sont déjà atteints et qu'on délivre maintenant des certificats de saturation pour essayer de s'inscrire par exemple à La Réunion!
Quand on pense que la fac mahoraise a été développée pour garder les étudiants ici...
Mais l'enseignement ici concerne tellement d'élèves grands ou petits qu'il faut bien se rendre à l'évidence: l'effort consenti pour l'éducation existe mais est largement insuffisant pour faire face.

29.8.12

Al Pa Joe, le retour

Mayotte va retrouver SON cinéma!
Après plus d'un an de fermeture, il va bénéficier du haut-débit récent sur l'île pour proposer plusieurs films par semaine grâce au téléchargement. Avant, les bobines transitaient avec plus ou moins de régularité par La Réunion.
Mais l'année dernière, la commission de sécurité a imposé des travaux pour 100 000 € de remise en conformité, et c'est fait!
C'est fait? Pas tout à fait, la commission n'ayant pas encore autorisé la réouverture car tout n'a pas été réalisé (porte coupe-feu non conforme par exemple).
Qu'à cela ne tienne, on rouvrira! Ah mais!
Peut-être pour refermer bientôt...
Au programme

« L’âge de glace 4 »,
« Rebelle »,
« Abraham Lincoln chasseur de vampires »
ou « Avengers »

Pas mal pour un début!
Même la 3D est commandée...

22.8.12

C'est la rentrée!


En fait plus de 85000 élèves sur une population de 200000 habitants, soit 42,5 % de Mahoraises et Mahorais scolarisés...
Cette statistique donne une idée du chantier que représente l'école à Mayotte. Et une photo de la société du 101ème département.
Le cliché est celle du lycée de Sada, magnifique et presque neuf comme beaucoup d'établissements du second degré ici.
Je ne parle pas volontairement de l'état des écoles primaires, ça gâcherait le paysage.
Je ne parlerai pas non plus des x enfants non scolarisés, donc non comptabilisés.
Je ne commenterai pas la nomination d'un nouveau vice-recteur... ni les fautes d'orthographe de cette capture d'un quotidien en ligne d'ici.
Restons positifs, ça facilitera notre rentrée.

26.7.12

Les Ripoux à Mayotte

Un vrai scénario pour faire un Ripoux 4 et qui se passerait à Mayotte.
En janvier 2011, une jeune fille de 18 ans, prénommée Roukia, est retrouvée morte sur une plage près de Mamoudzou.
Très vite, toute la presse locale s'empare de ce filon qu'ils espèrent juteux.
On parle d'insécurité. Tout faux.
On arrête son copain, qui sera relâché plus tard.
Entre temps, la victime est autopsiée, mais comme il n'y a pas de légiste à Mayotte, on doit attendre la venue d'un de La Réunion, quelques jours après.
Il s'avère que la jeune Roukia est morte d'une surdose d'héroïne.
Ici, on n'entend pas souvent parler de drogues dures.
Une drogue circule parmi tous les jeunes, on l'appelle ici le bangué, à La Réunion c'est le zamal, mais c'est une drogue douce, genre cannabis sans doute mélangé.
Mais l'héroïne, c'est une autre affaire. Mayotte, de par sa situation, est appelée à devenir une plaque tournante du trafic de stupéfiants, entre l'Europe et la région. C'est sans doute un peu déjà le cas.
Donc, Roukia est décédée d"une surdose de drogue. Les policiers et gendarmes cherchent à remonter la filière.
Cela prend pas mal de temps, et on apprend un jour que la drogue viendrait.... de la gendarmerie!
En effet, il est révélé que les forces de l'ordre fournissent la drogue à des informateurs qui leur signalent les immigrés Comoriens clandestins en échange. Scandale! La presse est aux anges.
Pus tard, on apprend que le vice-président chargé de l'instruction au TGI de Mamoudzou a demandé, avec l'accord de sa hiérarchie, les fadettes (factures téléphoniques détaillées) de deux magistrats, d'une greffière et de quatre avocats. Ce magistrat, Marc Boehrer, cherchait à savoir qui avait pu faire fuiter dans la presse locale un certain nombre d'éléments concernant une enquête en cours de son collègue, le juge Hakim Karki, sur le décès de Roukia.
Scandale dans la justice!
Des gendarmes impliqués dans un trafic de stups, une justice corrompue, mais où va-t-on?
Devant ce climat malsain, l'affaire en instruction est dépaysée à La Réunion.
Dernier rebondissement en début de semaine révélé par Le Point.fr, un indic mécontent a balancé au juge qu'en échange de ses renseignements, on lui a promis un titre de séjour, et donné un laissez-passer pour ne pas être expulsé.
APRF: arrêté préfectoral de reconduite à la frontière


Il aurait effectué plusieurs missions mais est aujourd'hui incarcéré et amer, donc il balance.
Que vaut sa parole? Sans doute pas plus que celles de ses accusateurs, mais ça fait quand même désordre!
Un vrai bon polar... Si un cinéaste est intéressé, qu'il s'adresse au GIR de Mamoudzou.
Et l'État dans tout ça? D'après l'avocat de l'indic, il ferait tout pour étouffer l'affaire. 

17.7.12

Naufrage d'une politique

C'est ce qui ressort des commentaires de plus en plus nombreux de la presse "nationale" après un nouveau drame .
Vendredi dernier, 4 femmes et 3 enfants ont péri en mer au large de Mayotte, après le naufrage de leur kwassa-kwassa venant d'Anjouan. Il faut sans doute ajouter les 6 disparus à ce bilan.
Des immigrants dans un kwassa-kwassa tentent de rejoindre Mayotte
(Photo réalisée par la gendarmerie en 2007). © AFP
Encore un, mais ces naufrages font de plus en plus de vagues à Paris, du Sénat au gouvernement et dans les médias. ENFIN!!
Puisque la politique menée jusqu'ici ne donne pas de résultats, on va peut-être en envisager une autre.
En 2011, les autorités ont expulsé 26 405 personnes dont 5 389 enfants, record national! Mais la plupart d'entre eux reviennent dans ces bateaux de la mort.
On vient d'annoncer la prochaine construction d'un second CRA (Centre de Rétention Administrative) afin d'améliorer les conditions de rétention des futurs expulsés.
Car à Mayotte, où ne s'applique pas le droit commun du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda), la durée moyenne de rétention est de 20 heures (quand elle a lieu) avant une expulsion par bateau. La circulaire du ministère de l'Intérieur rendue publique le 7 juillet et recommandant d'assigner les familles de sans-papiers avec enfants à résidence plutôt que de les placer en rétention ne s'applique pas ici. L'île est trop soumise à l'immigration.
Soit, mais on prend encore le problème à l'envers.
Il faudra bien arriver à empêcher ces kwassas, et pas en les interdisant, ce n'est pas possible. Prendre le problème en amont, à Anjouan précisément est la seule issue.
Construire une maternité, renforcer la surveillance des côtes anjouanaises et coopérer avec l'état Comorien.
Victorien Lurel était à Mayotte ces derniers jours, les élus lui en ont sûrement parlé...

13.7.12

Mayotte devient RUP

RUP signifie Région Ultra-Périphérique, sous-entendu de l'Union Européenne.
Cela signifie que l'Europe reconnaît que l’insularité et l’éloignement rendent difficile le développement de Mayotte. Par conséquent, les produits agricoles et de l’île seront privilégiés pour alimenter les marchés européens. Et surtout, elle bénéficiera de financements européens dans l’objectif de faire progresser ses infrastructures, et son économie. Sur la période 2007 – 2013, les RUP bénéficient d’un total de 7,8 milliards d’euros en provenance de l’UE.
 Mayotte rejoint donc le clan et devient donc la huitième RUP aux côtés des Dom français mais aussi des Açores, des Canaries, et de Madère.
Évidemment, les Mahorais attendaient cette décision depuis longtemps car ici, on a mis en avant le côté aide financière, qui pourrait être de l'ordre de 300 millions d'euros rapidement, en 2014, ce qui est énorme. À condition que cette somme soit bien employée et arrive bien là où elle est destinée. Mais il y aura sûrement un suivi des projets déjà présentés dans le dossier initial.
Pour les produits de l'île, il y en a peu mais cela encouragera sans doute les bonnes volontés à créer des entreprises ou exploitations.
C'est donc une bonne nouvelle, il y en a trop peu en ce moment pour ne pas espérer des lendemains moins pauvres pour les habitants du 101ème département français.
Déjà, les Comores parlent de hold-up territorial de l'Europe sur les îles de l'archipel...