22.9.12

3ème Coupe de l'Outre-Mer

C'est du football.
Aujourd'hui, Mayotte a fait son entrée en battant la Polynésie Française par 3 buts à 1.
Même notre président du Conseil Général y a assisté; il est en mission en métropole comme souvent, comme trop souvent disent ici ses détracteurs (mais il est digne de ses prédécesseurs!), et surtout en ces temps de déficit budgétaire.
Depuis 1989, cette manifestation opposait des clubs (coupe des DOM et coupe des TOM), depuis 2008, ce sont des sélections qui se rencontrent.
Voici le programme:
Groupe A: Guadeloupe
                  Guyane
                  Réunion
                  Saint-Pierre-et-Miquelon

Groupe B: Martinique
                  Mayotte
                  Nouvelle-Calédonie
                  Polynésie


Et la sélection mahoraise:

Sélectionneur: Allaoui Bacar (Careca)
Gardiens: Harouna El Amine(Abeilles) et Issa Naoumane (FC Koropa)
Défenseurs: Ambdillah Abdallah (UCS Sada), Mohamed Kamni Chanfi (ASJ Handréma), Bacari Madi (Djidji) et Rafion Kambi (Stam) (Jumeaux de Mzouasia), Moustadrane Ben Malidi (FCM)
Milieux de terrain: Amedy Loutoufy (FCO) Nalhuiroudine Saïndou (UCS Sada), Faïssoil Ridjali (FCM), Houmadi Youssouf (FC Koropa), Abdou Lihariti Antoissi et Ben Housman Mohamadi (Foudre 2000), Mhamadi Colo Vitta (FC Chiconi), El Yanour M'colo (FCL)
Attaquants: Yahaya Moudhoihirou (Barakani), Chamsidine Attoumani (Iloni), Saïndou Bamoudou (US M'tsamoudou).
C'est Chamsidine Attoumani qui a réalisé un coup du chapeau en inscrivant les trois buts de la victoire.
Le favori est le tenant du titre, la Martinique qui a remporté la coupe en 2010, la Réunion ayant gagné la 1ère en 2008.
Le match de mercredi à Saint-Ouen l'Aumône sera sans doute l'affiche de ce groupe.

21.9.12

État des lieux

Paru dans un journal en ligne, Mahotte Hebdo, un éditorial intéressant publié sous le titre :

"On n'a pas le droit de baisser les bras! 


Même si 80% des écoles ont eu un avis défavorable de la commission d'hygiène et de sécurité pour ouvrir l'an dernier et que nos enfants apprennent dans des écoles parfois sales, parfois insalubres, parfois dangereuses,
Même si les autorités ne sont pas capables de tenir une seule salle de cinéma ouverte,

Même si l'aménagement des plages a à peine démarré et que le camping de Bouéni n'existe pas malgré les subventions versées,

Même si le pont de Tsoundzou met des années à s'élargir,

Même si l'Etat n'arrive pas à construire assez vite, en dur, les établissements scolaires du secondaire,

Même si la MJC de Kawéni était prévue il y a près de 10 ans, avec une annexe du commissariat et qu'elle n'a toujours pas vu le jour,

Même si la MJC de Cavani, dévastée, n'a toujours pas de gestionnaire, tout comme les équipements sportifs territoriaux, le gymnase, le dojo, le centre de stockage des déchets de Dzoumogné,

Même si les embouteillages grossissent chaque jour parce que nos élus ont validé le Padd qui imposait l'absence d'aménagements routiers et qu'en parallèle n'a pas été mis en place le transport public pourtant prévu,

Même si les hauteurs de Kawéni, de Cavani, de Koungou, Combani, Vahibé… sont surpeuplées de clandestins, d'êtres humains vivant hors-la-loi par dizaines de milliers sur ce tout petit territoire, dans des conditions indignes, avec des enfants à l'abandon, qui versent toutefois des loyers, travaillent souvent en étant sous-payés par des gens qui entretiennent sans réfléchir à leurs conséquences cette population,

Même si l'aquaculture a tant de peine à se développer, si les projets d'hôtels lancés par le CG et le préfet Boisadam ne sortent toujours pas de terre, faute de soutiens politiques, de suivi sérieux des dossiers,

Même si le front de mer de Mamoudzou est infâme, honteux, dégueulasse, si les déchets s'amoncellent dans les eaux usées à proximité des stands de brochettes neufs mais déjà à l'abandon, souillés,

Même si il y a 3 ans on accueillait plus de 50 paquebots de croisière par an, contre 5 l'an dernier,

Même si le chômage a cru de 25% en un an et que 3.500 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail,

Même si les investisseurs qui pourraient permettre de créer de l'emploi repartent dégoûtés par l'absence d'interlocuteurs et ceux qui sont là s'inquiètent, s'interrogent sérieusement,

Même si nos élus sont beaucoup trop souvent en voyage, incapables de faire avancer les dossiers importants, de mobiliser les énergies, de diriger leurs équipes,

Même si les effectifs pléthoriques dans les collectivités locales vont plomber leurs comptes pendant 20 à 30 ans, les empêchant de dégager de quoi investir, les empêchant d'embaucher des jeunes compétents et si nécessaires, les empêchant de développer les projets de développement tant attendus par la population,

Même si le développement économique reste un chantier en friche, à l'abandon pour le Conseil régional et la plupart des communes,

Même si le Cnam, l'Apredema, le Cirad ont fermé

Même si les taxes sont élevées à l'entrée de tous les produits sur le territoire pour financer ces emplois inutiles dans les collectivités locales, participant à rendre la vie chère,

Même si certains syndicats continuent de se battre contre la vie chère alors qu'ils devraient se battre pour la création d'emplois, seule solution pouvant augmenter les revenus disponibles dans les familles et donc rendre la vie moins chère,

Même si les trous dans les routes nous font penser à un territoire sous-développé,

Même si la "bombe à retardement", évoquée par celui qui était alors député Mansour Kamardine il y a déjà quelques années, concernant les naissances par milliers dans les maternités de l'île et aujourd'hui la jeunesse "clandestine", est en train d'exploser à la face de Mayotte,

Malgré ces problèmes et tant d'autres,

On n'a pas le droit de baisser les bras !"

20.9.12

Retour à la dure réalité

Les mois de septembre sont compliqués à Mayotte.
Celui-ci ne déroge pas à la règle:  des grèves (bien sûr illimitées, ah mais!) sont annoncées, et si on sait comment elles débutent, on craint pour la suite, qui peut dégénérer très rapidement. La modération et la responsabilité des acteurs, on ne connaît pas.
Mais il y a aussi, toujours présent, insidieux, le malaise des jeunes et le malaise qu'ils suscitent chez les autres car on sait qu'ils sont incontrôlables et incontrôlés, et que le plus petit prétexte peut engendrer de graves conséquences.
Exemple hier, relaté dans un article du Monde, pour prendre un peu de distance:


Huit personnes, dont trois policiers, ont été légèrement blessées mercredi dans des affrontements entre jeunes à Mayotte, qui ont également provoqué des dégâts matériels, a-t-on appris de source policière.
Les incidents ont eu lieu à Kaweni, au nord de Mamoudzou, chef-lieu du département de cette île de l'océan Indien. Une voiture a été incendiée, deux autres endommagées, et des cars de transport scolaire ont été caillassés.

Selon la même source, les affrontements ont opposé des jeunes de deux localités voisines, Kaweni et Koungou. Le différend pourrait être lié à un vol de téléphone portable.

Alors que les jeunes s'en prenaient aux automobilistes, aux bus et aux cars, la police est intervenue, faisant usage de gaz lacrymogène. Outre les trois policiers, les cinq autres blessés sont des passants.

La société Matis, qui assure les transports scolaires dans l'île, a décidé d'exercer son droit de retrait et de ne pas assurer le service jeudi sur tout le département.

Je vous fais cadeau des photos, qui rappellent de tristes souvenirs de l'an passé.
Les jeunes en question se comptent par centaines, c'est ça qui est impressionnant et inquiétant.
Je connais des personnes qui n'ont pas dormi chez elles ou qui sont rentrées dans la nuit, la circulation étant bloquée.
Ce matin, comme il n'y avait aucun bus scolaire, d'autres jeunes ont barré l'accès à Mamoudzou sous prétexte que puisqu'on les empêche d'aller en cours, ils empêchent les gens d'aller travailler! 
Résultat: un immense embouteillage (les autres matins ce n'est qu'un grand embouteillage) et ceux qui ont tout de même rejoint leur lieu de travail sont arrivés avec plus d'une heure de retard.
Mais la situation est condamnée à rester explosive à chaque mouvement d'humeur, demain, dans un mois ou plus tard. Les Mahorais demandent plus de moyens, c'est facile et ça évite de se remettre en cause.
Et tout le monde redoute la reprise de la grève contre la vie chère: on a fait des réserves...

17.9.12

Le Bénara

Mlima Bénara ( la colline ou montagne Bénara en shiMaore, choisissez!) est le point culminant de l'île. Pas très élevé, mais l'île est petite, il suffit pourtant à transformer toute humidité en nuages presque toute l'année. La forêt qui le recouvre est donc une forêt tropicale humide.
Le GR qui traverse Mayotte passe par les deux sommets.

La latérite, typique des sols tropicaux, riche en fer.


Pandanus Mayottensis, endémique

En de très nombreux endroits de l'intérieur de Mayotte, on trouve ces padzas.
C'est le résultat de la déforestation pratiquée par les Mahorais pour y faire des plantations
qui ont été abandonnées ou pour faire du charbon de bois.
Résultat: c'est une catastrophe écologique qui érode rapidement les sols
et qui menace la forêt tropicale de disparition.

La sève de cette arbre fournit une gomme.

Beaucoup de fougères épiphytes.
Il y a même des orangers sauvages en fruits (très acides!)
 alors que la saison est terminée en plaine


Une fois au sommet, la vue est évidemment très belle. Toutefois, la végétation ne permet pas de voir à 360°, par exemple Petite-Terre.
Vue vers le nord

Vers le sud, avec le Choungui en sentinelle


11.9.12

Dauphins et baleines dans le lagon

C'est la pleine saison des baleines à Mayotte.
Dès qu'on sort un peu du lagon, on est sûr de naviguer parmi les dauphins, à n'importe quel moment de l'année, mais pendant l'hiver austral, de juillet à octobre s'y ajoutent les baleines venues de l'Antarctique.

En ce moment, il doit y avoir une vingtaine de cétacés, généralement des baleines à bosse comme celle de la photo. Le 9 septembre, nous en avons aperçu 8: deux couples mère-baleineau et une femelle courtisée par trois jeunes mâles.
Plus des dauphins stenelle, et nous avons croisé in extremis la route d'un autre cétacé, orque ou rorqual, on ne sait pas trop.
Cette fois vous les voyez en images animées, à condition d'avoir le haut-débit.
Voir également de précédents messages: danse avec les dauphins , dauphins et baleines , Coucou nous revoilou.

6.9.12

Festival Intermizik 2012

Ce weekend, ça va bouger à Mayotte!
C'est le 14 ème FIM, festival de musique(s) qui aura pour têtes d'affiches cette année, Sexion d'Assaut, le groupe de rap français qui caracole en tête des hits parades, et l'africain de Paris et chouchou des Mahorais, Tiken Jah Fakoly.
Le FIM prendra place pour la première fois sur la place de la République les 6, 7 et 8 septembre. Les concerts devraient être gratuits, conformément à la promesse du président du Conseil Général Daniel Zaïdani. Malgré les quelques 235 000 € que le festival coûtera et les caisses vides du Conseil Général!

4.9.12

Les Avengers de Mayotte

Lui se fait appeler Mister Mayotte et a été officiellement nommé en juin dernier pour 1 an.
Elle a été nommée au poste de Miss Mayotte le 1er septembre.
Avec eux, Mayotte n'a rien à craindre, ils la défendront haut et fort.

Mais ici, tout le monde compte sur eux et en parle beaucoup.