15.5.12

Éclaircie pour les makis de MBouzi

Dans Sale temps pour les makis , en janvier dernier, je vous faisais part du problème que posent les makis sur un des îlots de Mayotte.
Où en est-on aujourd'hui?
La solution qui semble se dessiner est moins pessimiste que celle qui a prévalu, c'est-à-dire que le massacre annoncé ne devrait pas avoir lieu.
La semaine dernière, la presse nous apprenait que la Fondation Brigitte Bardot avait pour objectif, de sa part ou par l'action de ses partenaires, de réaliser la translocation d'environ 300 lémuriens dans des parcs zoologiques.
Aujourd'hui, on apprend qu'un plan de contraception a débuté, concernant une centaine de femelles capturées ce weekend pour l'instant, et en sachant qu'il faudra renouveler cette opération. Elle a été conduite par une association  Maesha, Komba na Zumbe ( vie, lémuriens et êtres vivants)  avec les aides de la Fondation B. Bardot et l'État.
Le très beau logo de MKZ
Cela diminuera la surpopulation de l'îlot mais ne règlera pas le problème immédiat des rats qui mangent les restes de la nourriture donnée aux makis et qui prolifèrent avec l'apparition inévitable de la leptospirose.
D'autre part, les Mahorais n'apprécient guère cette espèce protégée sur Grande-Terre car les komba (makis en shiMaore) dévorent les fruits jusque dans leurs jardins (papayes, bananes, fruits à pain, mangues, ... tout y passe!)
Finalement, l'euthanasie ne devrait pas avoir lieu, l'image de Mayotte pour le tourisme ne souffrira donc pas trop. 

14.5.12

Mahoraid 2012

L'année dernière avait lieu la 1ère édition du Mahoraid, ce nouveau trail de l'Océan Indien qui traverse l'île du nord au sud.
La 2ème édition se déroulera samedi.
Les organisateurs ayant volontairement ou pas repoussé la date de 3 semaines, les concurrents ne devraient pas trouver trop de boue car le vent sec du sud qui balaie Mayotte depuis 2 semaines a bien séché les sentiers.
Ce sera de toutes façons très dur en raison des températures élevées, des 67 km et des 1952 m de dénivelé.
Et un départ à 3h 30 du matin pour 2 heures à la frontale!
Une première biscouette, dès le départ, de 2,5 km pour un dénivelé de 462 m (18%!) et au milieu du parcours, l'ascension du sommet de l'île, le Bénara, une montée de 8,5 km et un dénivelé de 645 m. Et les descentes ne sont pas faciles non plus.
Vidéo officielle de présentation:

Ne vous précipitez pas, les inscriptions sont en principe terminées ce soir.

11.5.12

Mutulahi

Officiellement, la saison cyclonique n'est pas terminée mais on sait bien qu'il n'y en a plus pour longtemps.
Depuis trois semaines environ, le vent est passé au secteur sud-est et ça change beaucoup notre météo.
Tout d'abord, les nuages donnent de moins en mois de pluies, plus du tout depuis quelques jours.
L'alizé (vent d'est sec) va bientôt s'installer mais déjà l'atmosphère, si elle est toujours chaude, est moins humide et donc plus agréable à supporter.
On peut donc dire que nous avons quitté (enfin!) la saison des moussons, le kashkazi (ou kashkasi), et nous entrons maintenant dans l'inter-saison du mutulahi (ou matulahi) qui nous conduira à la saison sèche, le kusi, dans un mois environ.
Le mutulahi s'étend généralement d'avril à mai, mais cette année, nous avons connu une saison des pluies qui a débuté un peu tardivement et qui a été très arrosée jusqu'à une date avancée. L'année dernière, il avait très peu plu et cela posait le problème de l'approvisionnement en eau; cette année, les réservoirs sont pleins!
Mais il arrive que des cyclones frappent la région à cette période. Ici, les Mahorais se souviennent des gros dégâts provoqués par le cyclone Kamisy le 10 avril 1984.

Nous avons quand même eu plus de chance qu'aux Comores, où de graves inondations viennent de se produire, entraînant une mobilisation internationale (la France a envoyé depuis Mayotte et La Réunion des tonnes de matériel). Les pluies torrentielles ont commencé le 20 avril et après une accalmie, ont repris le 9 mai: 58 000 sinistrés,10 000 sans-abris, 1600 personnes déplacées, 80 000 privées d'eau potable et surtout 3 morts recensés.
Certains mauvais augures ont même prédit une éruption du Karthala, le volcan (encore actif) de Ngazidja, la Grande Comore! Qu'en pense Allah?

9.5.12

Au revoir Président...

Les Bouénis Mahoraises, vues par un dessinateur mzungu, qui a sorti un premier recueil fin 2011 de ses strips parus quotidiennement dans un journal aujourd'hui disparu.
(rappel: en shiMaore, bouéni, que l'on devrait écrire ɓweni, avec le ɓ "implosif" propre aux langues africaines, signifie ici une dame, mais aussi Madame)
 


En janvier 2010, l'ancien président avait visité Mayotte avec un grand succès, et son équipe avait pour l'occasion inondé l'île de produits dérivés, comme on dit, en l'occurrence ici des milliers de t-shirts que l'on peut encore voir aujourd'hui, en général en piteux état, mais qui risquent devenir "collector" et prendre de la valeur.

7.5.12

Présidentielle: résultat 2ème tour à Mayotte

Publiée par le journal Mayotte Hebdo, la carte des résultats de Mayotte:
À remarquer la participation en hausse par rapport au premier tour, avec une augmentation de 3,30%.
Et bien sûr, le score du nouveau président, qui a augmenté de 12,50% sans arriver à battre le sortant.
Ce qu'avait réussi S. Royal en 2007, mais c'était avant la visite du président en janvier 2010 et la départementalisation.
Mais Mayotte reste l'un des 4 territoires hors métropole avec St Barth-St Martin, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie Française (et les Français résidant à l'étranger) à résister à la poussée Hollande.
Maintenant, ici, on attend le nouveau ministre des Dom-Tom et pour mettre un peu de pression, on parle d'une reprise de la grève générale de sinistre mémoire pour la semaine prochaine...
Lendemains qui déchantent?

5.5.12

Le Mont Choungui

MLima Choungui en shiMaore, du nom du village au pied de cette sentinelle du sud de l'île.
Quand on se trouve dans cette moitié sud, on ne peut pas ne pas le voir.
Vu de l'ouest, sa silhouette change.

Même en lui tournant le dos, son ombre est impressionnante. (Photo Mayotte Astronomie)
 Et il nous régale au couché (comme on écrit ici) du soleil.(photo Comité du Tourisme)




















C'est le vestige d'un ancien volcan qui était beaucoup plus imposant et qui a vraisemblablement explosé lors d'une éruption. Il ne reste que cette colonne basaltique érodée, le second sommet en altitude avec ses 594 mètres (660 m pour le Bénara).
D'autres disent que le sommet est ce qui reste de Mayotte quand elle était plus haute, car on sait qu'elle s'enfonce petit à petit et qu'elle disparaîtra un jour.
Un GR permet d'y accéder assez facilement même si un passage est très abrupt, où il faut s'accrocher aux racines et aux troncs disponibles sur 150 mètres environ avec une pente moyenne à plus de 60% pour ce tronçon.
Puis on sort de la forêt humide infestée de moustiques pour pouvoir admirer le magnifique panorama à 360°.
On commence par le Nord, avec le massif du Bénara dans les nuages, et admirez le reste sur une chanson de Mikidache:

Les botanistes le connaissent très bien car il y pousse certaines plantes endémiques et même une plante unique au monde puisqu'elle s'appelle Ivodea Chounguiensis ! Mais je ne l'ai pas vue et il n'existe pas de photo publiée! Il existerait aussi une petite araignée Anelosimus amelie spécifique du lieu.

3.5.12

Diho

Voilà un autre artiste Mahorais qui vient de sortir son dernier clip, appelé "Simba", ce qui signifie lion en swahili, une des langues bantoues à l'origine de la déclinaison mahoraise (shiMaore) du comorien.

Ce morceau a été tourné à Mayotte, sur un des îlots de sable blanc. Ce n'est pas le morceau le plus représentatif de cet artiste, mais entre ces 2 tours d'élection française, un peu de musique fera du bien. Après aussi d'ailleurs.
De son vrai nom Saïd Ibrahim, il est né ici mais a passé plus de 20 ans à Marseille, comme beaucoup d'artistes. Il enseigne parallèlement à Mamoudzou les instruments traditionnels, et il se bat notamment pour sauver le dzendze, d'origine africaine (peut-être du Mozambique), qui a pratiquement disparu.
Dzenze Ya Shitsuva
La caisse de résonance est une moitié de calebasse
Démonstration en situation:
Mais il joue aussi du gaboussi (gabusi), autre instrument traditionnel, et se dit influencé par des rythmes mahorais comme le chigoma, très lent, le mchogoro, à l'origine marche nuptiale très lente aussi, et le patrossi.

Un autre de ses grands succès, Usishange (ne t'inquiète pas), raconte l'histoire d'un homme qui, en quittant son pays en Afrique, assure à son ami qu'il reviendra et de ne pas s'inquiéter. Cette chanson a paraît-il été un moment l'hymne que les clandestins refoulés chantaient sur le Maria Galanta, vedette qui les ramène à Anjouan.

Comme quoi, la blessure est profonde et les artistes s'en sont emparés.